Une découverte archéologique très rare à Crest

Une découverte archéologique très rare à Crest

 

Un campement vieux d’au moins 26 000 ans a été découvert à Crest, lors d’une fouille archéologique.

De nombreux silex de l’époque dite « gravettienne » ont été retrouvés sur place. L’Institut national de recherches archéologiques préventives a publié un rapport ce mercredi 10 février.

Le site en cours de fouille et d’étude par l’équipe archéologique, à Crest (Drôme) – © Inrap

Il s’agit d’une découverte « rare » selon l’Inrap, l’institut national de recherches archéologiques préventives, qui communique ce mercredi 9 février sur cette découverte de 2018, à Crest. Un campement datant du Paléolithique supérieur, daté entre 28.000 et 26.000 ans, dans lequel ils ont pu recueillir 1106 silex taillés autour de deux « foyers » (emplacements où était situé le feu), témoignage de la vie quotidienne de la société Gravettienne, la deuxième grande culture européenne du Paléolithique. C’est cette culture qui caractérise l’arrivée de l’homme moderne en Europe, durant une période glaciaire. Cette société était très mobile et « retrouver ces outils à l’endroit où ils ont été utilisés, c’est quelque chose de rare pour cette époque de la préhistoire » témoigne Mahaut Digan, l’archéologue en charge des fouilles à Crest.

n° 1 et 2 : produits de débitage lamellaires ; n° 3 et 4 : nucléus lamellaire ; n° 5 et 6 : burin nucléïforme. – © Jean-Baptiste Lajoux, Inrap

C’est cette culture qui caractérise l’arrivée de l’homme moderne en Europe, durant une période glaciaire. Cette société était très mobile et « retrouver ces outils à l’endroit où ils ont été utilisés, c’est quelque chose de rare pour cette époque de la préhistoire » témoigne Mahaut Digan, l’archéologue en charge des fouilles à Crest.

Outils en silex taillés n° 1 : microperçoir ; n° 2 : Lame appointée; n° 3 à 5 : fragments de microgravette ; n° 6 : fragment de gravette, n° 7 : perçoir sur lame; n° 8 : burin sur troncature ; n° 9 : grattoir sur lame ; n° 10 : lame utilisée. – © Jean-Baptiste Lajoux, Inrap

La culture Gravettienne, difficile à documenter

 

La culture Gravettienne se développe entre 33.000 et 22.000 ans avant notre ère. Voici comment l’INRAP décrit la découverte faite à Crest : « Autour des foyers, le gisement se compose d’une seule occupation, préservée par des conditions d’enfouissement favorables. Au sein d’une aire de 100 m2 , deux foyers plus ou moins circulaires structurent l’espace. Ces derniers sont constitués essentiellement de blocs calcaires. Les deux foyers recelaient des esquilles de faune, témoignage probable de l’emploi d’ossements en guise de combustible ».

Les foyers apprennent donc beaucoup aux archéologues sur le travail de l’époque, tout comme les silex, admirablement conservés. « Les sédiments se sont déposés dessus et les ont protégés », explique Mahaut Digan. Grâce à ces fouilles, on en sait un petit peu plus sur cette culture Gravettienne, sur la préhistoire en général. C’est notamment durant cette période qu’émergent des représentations féminines, les « Vénus ». L’Inrap a récemment découvert d’exceptionnels exemplaires : les « Vénus d’Amiens Renancourt ».

 

 

 

 

 

 

Sources : article du 11 février 2021 d’Alexandre Berthaud, France Bleue Drôme Ardèche et Rapport de l’INRAP – propriété intellectuelle