Janvier 2020, l’INRAP se penche sur le passé d’Aouste

Janvier 2020, l’INRAP se penche sur le passé d’Aouste

 

Les sondages effectués, en janvier 2020, à Aouste ont apporté des informations inattendues.

Ceci dans le cadre de recherche en archéologie préventive. Une vingtaine de scientifiques de l’INRAP Auvergne Rhône Alpes ont travaillé sur les objets exhumés.

La première étude concerne l’antiquité: le Haut Empire (avant 284 ap J.C.). 36 structures funéraires ont été mises à jour – dépôts de crémation, sépultures, ossements, objets métalliques, éléments en céramiques, verre …Le rapport archéologique compte plus de 100 pages !

Ces découvertes nous rappelle que  pour les Romains, les funérailles devaient empêcher que l’âme du mort erre sans aucun repos. Dés la République, l’organisation des obsèques était confiée à des entrepreneurs de pompes funèbres, l’incinération fut pratiquée jusqu’au milieu du IIème siècle, pour les plus riches. Les pauvres, eux, sont jetés à la fosse commune. 15 % de la parcelle de terrain a été fouillée, l’INRAP évalue à entre 220 et 250 les structures funéraires ici présentes.

Ces recherches, outre le rappel des cérémonies funéraires chez les Romains, nous permettent de mieux connaître le passé aoustois. On savait que le mausolée, à l’origine à proximité de l’emplacement des Trois Croix, datait du Ier siècle de notre ère. La tablette, conservée au musée Calvet d’Avignon, rappelle les mérite d’Ampelius et Singenia en 495 ap J.C. Diverses autres épitaphes louent les disparus. On apprend maintenant que de riches gallo-romains résidaient dans la vallée de la Sye. Par ailleurs, les structures funéraires se retrouvant fréquemment à proximité de voies romaines, la « petite agglomération Augusta » était une étape connue, la voie romaine se situait donc en amont de la chute de la Sye pour ensuite continuer, en pied de colline, en direction de Fontagnal et Saillans…

La tablette, conservée au musée Calvet d’Avignon

 

La seconde étude concerne le Haut Moyen Age (avant l’an 1000), le rapport ne fait que 140 pages. Il concerne aussi les rites funéraires. C’est un cimetière «associé à un bâtiment partiellement repéré». Sept sondages ont permis de recenser 92 sépultures, soit en pleine terre, soit à l’intérieur de cercueils en bois, de coffres, de sarcophages, de tombes en tuiles plates. L’INRAP estime entre 1500 et 2000 les structures funéraires présentes dans ce cimetière et orientées principalement vers l’Ouest. Quant au bâtiment – murs de 1,20 m d’épaisseur-, il pourrait être le prieuré Saint Pierre et Saint Christophe connu dans les textes de 1120 et 1140. Quelques murs gallo-romains ont aussi été repérés mais non étudiés.

Mur du bâtiment repéré

L’histoire de la cité cache encore beaucoup de mystères…

Sources : Rapport de l’INRAP  du 27/11/2020 – Propriété intellectuelle