Le loup de Saint Vincent

Le loup de Saint Vincent

 

En phase terminale, un animal sauvage atteint de la rage peut adopter un comportement aberrant comme s’approcher des maisons, pénétrer dans une maison et mordre bêtes et gens.

Certaines églises possèdent d’étranges pouvoirs. L’église Saint Pierre de Peyrus (Drôme) était dotée d’une clé qui avait la réputation, au XVIIe siècle, de guérir les enragés.

Ainsi le 26 février 1670, un loup fou de rage sort des bois et descend à Saint Vincent la Commanderie (Drôme).

 »  Joseph Aubert, fermier de la commanderie de Saint-Vincent, entendant son chien aboyer, sortit avec un pieu et à trois pas de sa porte, rencontra un loup, qui se jeta sur lui, le renversa et le blessa dangereusement au visage. Pierou et son fils, voisins d’Aubert, entendant du bruit, vinrent à so secours et furent mordus à la joue et à la tête. Tornu, autre voisin, et sa femme, armés de fourches, ne furent pas mieux épargnés. Bientôt tout le village fut sur pied et chaque habitant s’arma de fourches et de hallebardes. Le loup n’en parcourut pas moins la rue, poussant des hurlements horribles. Arrivé à la porte du procureur d’office, il y rencontra la femme ce ce magistrat, se jeta à sa figure et la mordit au nez et au visage. A dix heures du soir, Jean Baptiste Morin, curé de Saint Vincent, appelé par huit ou dix de ses paroissiens auprès de cette dame en danger de mort, eut à peine reçu sa confession qu’il fut demandé chez une jeune fille de douze ans qui, en voulant secourir sa mère, avait eu la mâchoire et la moitié de la joue emportées.  » ayant esté contrainte avec les deux mains d’ouvrir la gueule de l’animal  » pour lui faire lâcher prise.Le loup blessa encore au bras Jean Antoine Talon, de Peyrus, puis, suivant la rue montante, il entra dans la cour des Bellon, y renversa une femme et la mordit au flanc, malgré la présence de Jean Bellon, qui ne put le terrasser. L’animal près de là, blessa Michel Couruol et la veuve Mouret, Mouison et Pierre Bellon. Ce dernier avec une fourche secourait les deux filles de Petit-Claude Paillasson ; il fut mordu au sein droit, une filles à l’épaule et l’autre à l’oreille. La femme de Jean Coche reçut également une morsure au bras. Chassé du village, le loup se dirigea vers le moulin de Saint Vincent, à cinq ou six cents pas de là. Dans une maison, en ce moment vide, il déplaça un coffre et se jeta sur le propriétaire qui entrait, le traîna sur dix ou douze pas et lui déchira le visage. Aux cris de ce malheureux, le meunier sortit avec une fourche ; sa femme et sa servante le suivirent. Ces deux dernières furent mordues au bras et au visage. Malhon eut peine à se défendre. A la porte ce Jacques Nicolas, un jeune homme fut blessé ; Claude Courcoussonnet , bien que fort et vigoureux, se garantit difficilement ; la veuve Gachon moins heureuse, eut le nez emporté et reçut des morsures aux jambes. L’animal en se dirigeant vers Charpey, blessa à la grande fontaine les deux filles de Jean Paquet et, à la montée du village, la femme de Jacques Chivalier. Il renversa Catherine Jerbou et l’aurait étranglée sans secours ; François Bellon subissait le même sort sans l’aide d’Antoine-Nicolas Boudon.

Les susnommés blessés de Saint Vincent et Charpey, se voyant en danger de mort ou en appréhension de tomber dans la rage , tant catholics que de la religion, ont eu recours à la clef de Saint-Pierre de Peyrus après avoir fait appeler apoticaires, serusiens de Charpey, de Chabeuil et de Peyrus. « 

La dernière personne tuée par le loup à Aouste sur Sye et répertoriée sur les registres paroissiaux est une fillette de 6 ans tuée le 5 juin 1697 : Suzanne Talliotte

Les attaques de loups enragés sont toujours le fait d’animaux isolés. Elles sont brèves mais blessent en général plusieurs personnes au visage ou aux bras, certaines pouvant mourir sur le coup. La plupart mouraient au bout de quelques semaines, avant la mise au point du vaccin contre la rage. Certaines victimes sont mortes malgré le traitement antirabique, surtout celles qui ont été mordues à la tête. Les loups enragés sont considérés comme très dangereux. Contrairement aux loups prédateurs, ils ne dévorent pas leurs victimes, mais en autopsiant des loups enragés on a trouvé des fragments humains avalés sans être mâchés.

Deux attaques spectaculaires ont été recensées :

    • Forêt de Longechamp. Entre le 16 juin 1817 et le 26 juillet 1818, un certain nombre d’attaques se sont produites dans la forêt de Longechamp (en Côte d’or, près de Lyon). 17 personnes furent attaquées dont une femme et 16 enfants. 9 des enfants furent tués sur un territoire de 250 km². Dans la plupart des cas, on a pensé qu’un seul loup était responsable. L’animal qui fut tué par la suite était un loup de forte taille.

    • Forêt de Lorges (Cotes d « Armor). Le 25 avril 1851, en 7 heures de temps, un loup se déplaça sur 45 km, traversant 9 villages et mordant 41 personnes (10 hommes, 12 femmes et 19 enfants), 96 animaux (64 bovins, 14 chevaux, 8 moutons, 6 porcs, 3 chèvres et 1 chien). 14 personnes moururent de la rage dans les 2 mois suivant; il est probable que la plupart des autres moururent également. Ce fait repose sur les rapports historiques rédigés par le maire de Pleisdy, l’hôpital local, un rapport de police et une lettre d’un des ministres du gouvernement de l’époque (de Beaufort-1987).

 

 

Nombre de cas d’attaques de loups enragés sur des personnes en France

Il semblerait qu’à ce jour aucune attaque de loup enragé n’ait été recensée.