Cérémonie de la fête du roi Louis-Philippe à Aouste en 1835

Cérémonie de la fête du roi Louis-Philippe à Aouste en 1835

 

Lorsque la population était convoquée pour célébrée la fête du roi Louis Philippe…

Le 1er mai, jour de la Saint-Philippe, la fête du roi revêt une solennité digne du protecteur de la nation, comme c’était encore le cas de la Saint-Charles en 1829. Cette dernière était sans ambiguïté une fête religieuse et loyaliste au programme centré sur une messe suivie du Te Deum. La fête de la Saint-Philippe allie festivités civiles et militaires, sans aucunement renoncer à une célébration religieuse, afin que le Ciel soutienne le roi « dans tous ses desseins pour la paix et la prospérité de la France ». La population se montre d’abord très réservée devant cette « vieillerie religieuse, renouvelée de la Restauration », qui pousse le ministre de l’Intérieur Adolphe Thiers à écrire aux préfets en 1834 que « le gouvernement laisse toute liberté aux fonctionnaires publics sur la conduite à tenir à l’occasion des cérémonies religieuses du 1er mai ». Mais, au cours de la seconde moitié des années 1830, en partie par conformisme social, les réticences s’amenuisent et le 1er mai est célébré avec faste.

La cérémonie à Aouste :

Procès verbal de la célébration de la fête de sa Majesté Louis Philippe Roi des Français

L’an mil huit cent trente cinq le 11 du mois de mai, nous Antoine Tavan maire de la commune d’Aouste, arrondissement de Die, département de la Drôme, conformément aux intentions de Monsieur le Préfet de ce département, ensuite de la circulaire du 22 avril dernier, insérée aux recueils des actes administratifs N° 10, avons convoqué le Conseil Municipal et officiers de la Garde Nationale de la dite commune pour assister à la cérémonie religieuse qui devait avoir lieu le vendredi premier mai en l’honneur de sa Majesté Louis Philippe Roi des Français.

D’après mon invitation, plusieurs membres du Conseil Municipal se sont réunis à la Mairie et avec nous sommes rendus à l’église pour assister à la messe qui a été chantée.

Les réjouissances ont eu lieu le dimanche suivant à cause des travaux de la campagne, une revue de la Garde Nationale a eu lieu à trois heures après-midi, successivement un prix a été tiré à la cible et à d’autres jeux. Pendant la journée les maisons on été pavoisées et illuminées à la tombée de la nuit.

Enfin, tout c’est parfaitement bien passé et dans le plus grand ordre.

De tout quoi, nous avons dressé le présent procès-verbal. Le présent jour, mois et an que dessus.

Le Maire

Tavan

(A.M. Aouste RV 3 1835)