Centenaire de l’inauguration des monuments aux morts

  Centenaire de l’inauguration des monuments aux morts

 

 

En 1920, après le premier conflit mondial, Aouste sur Sye, comme toutes les communes de France, érigeait les monuments aux morts en souvenir de ses soldats disparus. Histoire et Patrimoine Aoustois a commémoré ce centenaire par une exposition à la médiathèque d’Aouste sur Sye .

À la fin de la Première guerre mondiale, la France est en deuil. 1,4 millions de soldats ont été tués. Dès 1919, chaque commune construit un monument pour honorer la mémoire de leurs concitoyens morts pour la France leur rendre hommage. En tout, 36 000 sont érigés !

S’appuyant sur l’esprit de la loi du 25 octobre 1919 relative à la commémoration et à la glorification des morts pour la France au cours de la Grande Guerre, un usage s’était imposé, depuis la Première Guerre mondiale, comme référence pour les décisions municipales en la matière : l’inscription d’un nom se justifiait  pleinement dès lors que le défunt, décédé au cours d’une guerre ou d’opérations assimilées à des campagnes de guerre, était titulaire de la mention « Mort pour la France », et était né ou domicilié légalement en dernier lieu dans la commune considérée. L’article 2 de la loi du 28 février 2012 fixant au 11 novembre la commémoration de tous les morts pour la France.

A l’origine, la fonction de ces édifices a été de rassembler la population autour du souvenir de ceux qui ne reviendront plus vivre dans la cité, faisant ainsi participer la commune au travail de deuil des familles. Par ailleurs, graver les noms des morts revenait à donner à ceux-ci un peu de cette gloire dont étaient alors parés ceux qui s’étaient sacrifiés pour la victoire des armées françaises.

Le financement était évidemment le problème majeur. Il est intéressant de noter, pour confirmer l’idée que ce mouvement est avant tout un élan public, que de nombreuses communes n’ont pas attendu les subventions de l’État pour ériger leurs monuments. Des subventions seront accordées en proportion de l’effort et des sacrifices qu’elles feront en vue de glorifier les héros morts pour la Patrie. Un barème sera établi pour décider de la somme accordée par L’État à chaque commune en fonction de critères précis. Les communes ont dû, par conséquent, trouver de l’argent ailleurs et faire preuve de beaucoup d’imagination pour se procurer les sommes nécessaires. Dans la plupart des communes une souscription publique a été ouverte et elle entrait pour beaucoup dans le financement du monument. Ce fut le cas de la commune d’Aouste sur Sye.

Lors d’une séance du conseil municipal, conformément à une circulaire du préfet en date du 18 novembre 1919, il est décidé de créer un comité pour l’érection des monuments aux morts choisi parmi une liste de 40 membres Douze Aoustois sont retenus pour faire la collecte par quartiers.

Liste des noms proposés pour le comité

Composition du comité

Des devis sont proposés par les entreprises Jules Giraud de Voguë (07) et par Guérin et Cie de Bourg Saint Andéol (07). Seul le devis de Guérin et Cie sera retenu.

Après quelques modifications sur les devis originaux, notamment pour les marches en pierre ainsi qu’un retard sur la fourniture des chaînes au monument de piété, des deux monuments seront rapidement livrés.

Le 14 novembre 1920, la commune d’Aouste inaugure les deux monuments aux morts, un de glorification et un de piété en présence d’une foule nombreuse, des édiles et des représentants de la Nation.

Voici un extrait que publia le journal du  » Crestois « 

 » La journée du 14 Novembre 1920, au cours de laquelle furent inaugurés, à la mémoire de nos compatriotes morts pour la France, les deux monuments érigés au cimetière et sur la Place des Ecoles, est une journée mémorable dont il importe de perpétuer le souvenir. Il ne faut pas laisser tomber dans l’oubli cette cérémonie grandiose et touchante, ni le beau spectacle donné par toute une population s’associant, dans une union parfaite de sentiments, aux hommages de piété et de reconnaissance rendus à ceux des leurs qui ont accompli pour la Patrie le suprême sacrifice. Le matin, à 9 heures 1/2, une messe de Requiem a été célébrée. L’église était comble. Monsieur l’abbé Brun, curé de Chabrillan, originaire d’Aouste, a prononcé un sermon de circonstance qui a profondément impressionné l’auditoire. Puis a eu lieu la bénédiction des plaques commémoratives où sont inscrits les noms des soldats de la paroisse morts pendant la guerre. Au Temple également a eu lieu, devant une très nombreuse assistance, un service solennel en souvenir des enfants de la paroisse tombés au Champ d’honneur. Le Conseil municipal était représenté à ces deux cérémonies. A 11 heures, réception des invités: MM. Juillet sous-Préfet ; Archimbaud et Pouzin, députés ; Rozier, Conseiller général, Maire de Crest et Coursange, Maire de Die. A 11 heures 1/2, déjeuner intime offert aux invités par les membres du Conseil municipal et du Comité. Monsieur Joseph Reynaud, sénateur, invité, s’était fait excuser par lettre lue par le Maire au commencement du repas. Vers 1 heure 1/2 une foule immense se presse sur la Place des Ecoles et se forme en cortège. Quel impressionnant spectacle que ce défilé rendu si beau, si magnifique, par une organisation supérieure et réfléchie, qui se dirige, ému et attendri par la noblesse des sentiments qui l’anime, lentement au cimetière. Ici la foule se recueille quelques instants, tandis que fillettes et garçonnets, dans un geste sublime, déposent pieusement au pied du monument les gerbes de fleurs qu’ils avaient apportées. En quelques mots, M. Juillet, Sous-Préfet, exprime l’émotion qui étreint tous les cœurs.

A la sortie du cimetière chacun, en passant, remet aux demoiselles quêteuses son obole au. profit des Orphelins de la Guerre. Le cortège, reformé et toujours encadré par la martiale Compagnie des Sapeurs-pompiers, se dirige dans le même ordre vers le monument de glorification situé sur la Place des Ecoles, traversant la principale artère du pays, encadré par un public sympathique et ému qui salue les drapeaux jalonnant le défilé. Arrivés face au monument, les assistants se groupent à nouveau pour écouter, dans le plus profond silence, la proclamation de ceux qui tombèrent sur le Champ de bataille. Les Orphelins de la Guerre viennent ensuite recevoir, des mains de Monsieur le Sous-Préfet, le livret de Caisse d’Epargne qui leur est délivré en témoignage de reconnaissance. Ce simple don, accompagné du geste qui veut honorer dans les enfants la mémoire glorieuse des pères, revêt un caractère de grandeur touchante. Le moment est enfin venu où les sentiments qui animent cette foule vont trouver leur expression dans la bouche des orateurs qui, tour a tour, prennent la parole.

C’est d’abord M Amédée Terrail maire d’Aouste…. « 

Les sommes recueillies lors de la souscription publique s’étant avérée insuffisantes, la commune contribuera à la différence. Les sommes qui ont été employées et qui se décomposent ainsi : Monument de glorification :11.160,70 Monument de piété : 6.285,00 Total : 17,445,70. Sur cette somme il a été recueilli par souscription publique 14.645,70 ; le Conseil municipal a voté le surplus, soit 2 800 francs.

La commune prendra en charge les frais d’inauguration tels que 80 francs pour  » le vin blanc mousseux  » fourni par Mr Forget, 135 francs pour les fleurs fournies par Mr J.Chazalet.

Ces monuments sont de nos jours souvent méconnus. Ils demeurent pourtant à plusieurs titres des témoins historiques, qu’il s’agisse de l’histoire des mentalités, de l’histoire de l’art, de l’histoire de la commune tout simplement : les noms gravés traduisent le poids des guerres sur la vie locale quand ils ne sont pas aujourd’hui la seule trace de certaines familles. « Souvenez-vous »

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