La rentrée scolaire

C’est l’école !

 

 

Ecole en 1960

Beaucoup croient que Charlemagne a inventé l’école. Par contre, il a contribué à l’améliorer.

Les plus anciennes ont été trouvés Dans de nombreuses civilisations antiques, on trouve des institutions éducatives possédant une structure institutionnelle. Ces centres enseignaient généralement la philosophie et la religion.

Au Moyen-âge et pendant la Renaissance, les professeurs enseignaient uniquement en latin. Il faudra attendre l’an 1530 pour que les cours commencent enfin à être en français. Cependant, plusieurs années seront nécessaires pour que le latin soit définitivement remplacé par le français.

Sous Louis XIV, le Roi de France obligeait les parents français à mettre leurs enfants dans les « petites écoles ». Les écoliers y apprenaient les bases : lire, écrire et compter.

Ces écoles étaient financées par la communauté locale, c’était donc aux familles de payer pour l’éducation de leurs enfants.  De ce fait, on trouvait plus d’écoles en ville qu’à la campagne. Les enfants de paysans devaient aider leurs parents à la ferme une bonne partie de l’année, et ils allaient donc moins souvent à l’école que leurs camarades des villes.

La grande majorité de ces « petites écoles » était exclusivement réservée aux garçons. Les filles ne pouvaient bénéficier que d’un enseignement minimal (lecture, écriture, grammaire, littérature et histoire).  Leurs mères leur apprenaient à faire le ménage et garder les enfants. Autrefois, la femme n’était pas reconnue comme l’égal de l’homme , et on trouvait inutile de tenter d’apprendre une matière complexe à une jeune fille . En effet, les femmes n’avaient pas accès à des métiers importants, comme médecin par exemple, donc aux yeux de la société, il n’était pas nécessaire de les former.

A l’époque, certaines écoles sont dirigées par des religieux, souvent catholiques. Les élèves doivent alors faire des prières régulièrement, et respecter certaines règles strictes imposées par la religion. L’église catholique luttera longtemps pour devenir et rester la seule organisation apte à éduquer les plus jeunes. Au fil de l’histoire, on donnera tout pouvoir à l’église, puis on l’interdira d’exercer, pour enfin lui redonner un droit d’apprentissage, mais uniquement via des écoles privées.

Dès 1802, les « petites écoles » deviennent des écoles primaires, les collèges sont considérés comme des écoles secondaires, et on crée les lycées pour l’enseignement supérieur.  Les facultés sont des écoles destinées à l’apprentissage de la médecine, du droit, des lettres et de la science. Enfin, on maintient les institutions (mixtes) et les pensionnats. Les universités, d’abord supprimées, reviendront quelques années plus tard.

Les instituteurs sont uniquement des hommes. Les femmes devront attendre le 8 août 1834 pour avoir le droit de diriger, provisoirement, les écoles de garçons et les institutions mixtes. La femme accède ainsi à un métier respecté de tous, celui de professeur.

Les filles qui souhaitent étudier doivent avoir les moyens financiers de le faire.  En 1880, on crée des « lycées pour jeunes filles ». Interdits aux garçons, ces établissements sont réservés aux jeunes femmes fortunées. Les plus pauvres devront encore attendre…

De 1875 à 1914, les garçons bénéficiaient à l’école d’un enseignement militaire. On leur apprenait à marcher au pas au son des tambours, à former des alignements parfaits, et même à tirer à la carabine. Rares étaient les instituteurs à savoir nager, de ce fait un cours de natation ne manquait pas d’originalité.  Les élèves s’allongeaient sur des bancs et reproduisaient les mouvements de différentes façons de nager. On espérait ainsi qu’une fois dans l’eau, ils sauraient ce qu’il faut faire pour ne pas couler.

En 1881 et 1882, Jules Ferry pose les bases de l’école moderne. C’est seulement à la fin du XIXème siècle que l’école devient obligatoire, laïque et gratuite pour tous.  C’est une révolution dans l’histoire de l’éducation française, la société souhaite donner une chance de s’en sortir à tous les petits français, peu importe leur sexe, leur âge, leur religion, ou leur statut social.  Il faudra cependant attendre de nombreuses années pour rétablir une certaine égalité entre riches et pauvres.

Le nombre d’école en France grandit au fil des années. L’éducation devient de plus en plus accessible, mais de nombreux établissements séparent encore les filles et les garçons.

Autrefois, tous les élèves portaient l’uniforme. La blouse était obligatoire, un élève ne pouvait pas entrer en classe s’il ne l’avait pas.  Elle servait à protéger leurs vêtements, mais elle évitait surtout la distinction du statut social de l’élève.

Depuis la fin du XXème siècle, l’école est restée gratuite, laïque et obligatoire jusqu’à l’âge de 16 ans. Mais les élèves ont gagné en liberté, les professeurs sont plus tolérants et les écoles sont presque toutes devenues mixtes. C’est l’égalité des chances pour tous, filles et garçons.

En 1950, a journée d’école était de sept heures du lundi au samedi, le jour hebdomadaire de congé étant le jeudi. Les vacances scolaires étaient plus courtes qu’aujourd’hui. Les vacances d’été (les grandes vacances) débutaient le quatorze juillet et la rentrée se faisait début septembre. Il y avait en outre une semaine de vacances à Noël et à Pâques. »

« Cependant, dans les années 1950 et 1960, ce système d’organisation du temps est contesté par des médecins qui attirent l’attention sur le  » malmenage scolaire  » des enfants » et par des innovations pédagogiques (classe avec mi-temps sportif en 1953, tiers-temps pédagogique en 1964, disciplines d’éveil en 1969, classes de découverte). Dès la fin des années 1970, certaines écoles et certaines communes se lancent dans des expériences d’aménagement de la semaine et de la journée.

A la rentrée scolaire 1954, le président du conseil, Mendès-France, avait surtout à cœur la santé des enfants. Il décide donc que le lait serait distribué tous les matins dans toutes les écoles maternelles. Mais, au fil des ans, la distribution de lait s’accompagne d’une distribution de petits gâteaux et autres gâteries au point de devenir une véritable collation.

Depuis l’année scolaire 1964-1965, la France métropolitaine est divisée en deux, trois ou plusieurs zones à l’exception de l’année 1970-1971, qui ne comportait qu’une zone unique.

En 1972, la journée libérée des enfants est passée du jeudi au mercredi. Retour sur un événement qui a changé la vie des écoliers. Désormais, plus du quart d’entre eux vivent au rythme de la semaine de quatre jours.

Durant les années 1980-1981 et 1981-1982, les calendriers ont été fixés localement par les services académiques d’où l’existence de nombreuses zones. La répartition en trois zones de vacances A, B et C, s’applique encore aujourd’hui.

Ecoliers d’Aouste en 1900

Mais au fait, pourquoi le rentrée en septembre ?

Septembre est arrivé et avec lui la fin des congés d’été et la rentrée scolaire. Pour expliquer la raison du choix de cette date pour marquer le retour de nos chères têtes blondes sur les bancs de l’école, il nous faut remonter au XIIIeme siècle.

On est en 1231. Depuis plusieurs décennies,  les maîtres d’université se plaignent de la désertion massive de leurs salles au cours des mois d’été Cette période de l’année est alors celle des moissons et, dans une société largement agraire, nombre d’étudiants quittent les grandes villes pour prêter main forte à leur parentèle. Afin de pallier ce phénomène, le pape Grégoire IX (1227-1241), plus connu pour être le créateur de l’Inquisition, publie la bulle Parens Scientiarum Universitas. Celle-ci impose, entre autres, la fermeture des établissements de la corporation des maîtres pendant un mois au cours de l’été. Les grandes vacances étaient nées. Cette tradition perdure tant que l’agriculture conserve sa prédominance dans la société française et s’adapte même parfois pour coïncider avec les vendanges qui ont lieu courant septembre. Ainsi, au début du XIXeme siècle, les grandes vacances débutent vers le 5 août et s’achèvent vers le 20 septembre. Ce n’est qu’en 1939 que ses dates sont harmonisées sur l’ensemble du territoire français. Avec les congés payés instaurés en 1936, de plus en plus de Français partent profiter de leurs repos dès l’arrivée des beaux jours. Afin d’éviter au maximum l’absentéisme des écoliers, décision est prise d’allonger le repos estival de tous les enfants, de la maternelle au lycée, et de le fixer du 15 juillet au 30 septembre. Dès lors, la rentrée se fait début octobre. En 1961, les dates sont à nouveau changées et vont de fin juin à mi-septembre. De manière anecdotique, des exceptions légales persistent encore pendant quelques décennies pour les enfants de paysans. Ces autorisations sont alors dispensées par les inspecteurs académiques à la demande des parents nécessitant l’aide de leurs enfants lors des vendanges. Ces dispenses sont finalement supprimées en 1981. À cette date, les Trente Glorieuses ont largement modifié la répartition des catégories socio-professionnelles. Les ouvriers et employés ont largement remplacé les métiers de la terre et les vacances d’été n’ont plus de raison de se prolonger sur le mois de septembre. C’est ainsi que se fixe le calendrier scolaire tel qu’on le connaît aujourd’hui et son immuable rentrée aux premiers jours de septembre.

Une classe en 1930

La rentrée des classes autrefois

 

La Rentrée des Classes est souvent un évènement marquant pour les enfants, car cela signifie une nouvelle classe, parfois même une nouvelle école, de nouveaux amis, de nouveaux instituteurs aussi, mais surtout, la fin des grandes vacances.

A quoi ressemblait l’école autrefois ?

A l’heure où les écoliers abordent la rentrée chargés de vêtements et fournitures bien souvent de marque, nos grands-parents retrouvaient les bancs et la froideur de leur salle de classe…
Autrefois, la rentrée scolaire débutait un peu plus tardivement que de nos jours. Toutefois, tous les enfants ne prenaient pas le chemin de l’école, ou seulement de temps en temps : bien souvent, le travail ne manquant pas dans les maisons paysannes, on préférait qu’ils apportent leur aide plutôt que d’aller à l’école. Mais même s’ils allaient en classe, de plus ou moins grands travaux les attendaient avant le départ et dès leur retour : donner à manger aux cochons, tourner la baratte, travailler dans les champs… En effet, le travail ne manquant pas dans les maisons paysannes, certains parents préféraient parfois qu’ils apportent leur aide plutôt que d’aller à l’école. D’ailleurs, même s’ils allaient en classe, une certaine charge de travail les attendaient avant ou après l’école (donner à manger aux cochons, travailler dans les champs…).

La journée débutait donc tôt, d’autant que la route vers l’école pouvait être longue : le ramassage scolaire n’existant pas, c’était à pied que les enfants se rendaient en classe. Le chemin pouvait être laborieux pour ceux habitant dans les écarts : il fallait passer des ponts, traverser des champs, et par tout les temps. On voyait alors les gamins arrivant à l’école par petites troupes et repartant ainsi le soir : on traînait alors un peu en route (pas trop pour ne pas se faire gronder par les parents attendant de l’aide pour le travail à la maison) et ramassait des noisettes, faisait des batailles de boule de neige… selon les saisons.

Les garçons portaient un béret, un pantalon court, une blouse noire ou grise, des galoches avec une semelle en bois et des clous en dessous des chaussures ; une pèlerine à capuche. En 1900, les filles portaient une longue robe avec un tablier. Après la guerre, elles portaient une blouse et des galoches.

Pendant la récréation qui durait 30 minutes, les enfants jouaient aux billes, aux gendarmes et aux voleurs, à saute-mouton, etc…. Ils faisaient également des rondes jouaient à la marelle comme les enfants d’aujourd’hui.

Parfois, le chemin des enfants des hameaux croisait celui de « ceux du bourg » : bien des mots étaient alors lancés, si ce n’étaient pas des coups… Deux mondes se côtoyaient avec difficultés : l’un en sabots et blouse rapiécée que l’on tenait du grand frère, l’autre en souliers empruntant les rues du bourg. Gare alors si l’instituteur venait à surprendre les gamins ! A cette époque, la figure de l’instituteur était respectée et crainte auprès des enfants ! Les souvenirs de bonnet d’âne, de punitions, de longs moments passés au coin restent encore aujourd’hui… mais tous ces élèves d’hier s’accordent souvent pour dire que cette rigueur et cette sévérité étaient méritées. Le maître (ou la maîtresse) portait une blouse blanche ou noire, boutonnée devant, accompagnée d’une chemise de couleur et d’une cravate noire. Il apprenait à ses élèves les matières, mais aussi la morale et l’hygiène : il contrôlait ainsi les mains pour vérifier qu’elles étaient bien propres.

La vie d’écolier n’est pas de tout repos. Les cours commencent toujours par une leçon de morale pour leur apprendre la politesse. Autrefois, les élèves ne pouvaient entrer en classe que s’ils étaient en rangs deux par deux, et chacun devait dire « bonjour » au maître pour entrer en classe. Les écoliers attendaient sagement que le professeur les autorise à s’asseoir et l’instituteur vérifiait que chaque élève avait les mains, les ongles et les oreilles propres. Cela évite la propagation des maladies qui étaient alors mortelles (comme la tuberculose) et aussi d’inciter les parents à faire comme leurs enfants… Enfin, les cours commençaient dès le matin par une leçon de morale. Le but était d’aider les écoliers à devenir de bons citoyens.  A l’époque, les maîtres d’écoles sont souvent sévères, et imposent aux élèves de tout apprendre par cœur.  Ils punissent sans hésitation les élèves, et certains porteront le fameux « bonnet d’âne ». L’objectif était d’humilier l’écolier pour le forcer à s’améliorer. Dans les classes mixtes, les garçons et les filles étaient séparés pendant les cours, à la cantine et dans la cour de récréation. L’instituteur plaçait chaque élève dans la salle de classe pour éviter les mélanges et les bavardages. Comme autres punissions, le maître pouvait obliger un élève à rester au coin près d’une demi-heure. Il pouvait même enfermer un élève dans un placard, lui taper sur le bout des doigts avec une règle en bois, l’obliger à faire le tour de la cour de récréation, à copier 100 à 200 lignes, le gifler sur la joue et lui donner des coups de pieds. Un élève ne pouvait pas prendre la parole sans autorisation, il devait lever la main et attendre d’avoir la permission de parler. Les instituteurs étaient très respectés, leur métier était considéré comme un poste important dans la société. Heureusement, depuis, le monde a changé.

Il y aurait beaucoup à dire sur les salles de classe d’autrefois. En guise de chauffage, on utilisait un poêle à bois ou à charbon. Il n’était pas rare que les élèves laissent leurs chaussures trempées devant, et les professeurs demandaient parfois aux élèves de ramener des bûches. L’hiver, les élèves nettoyaient le poêle et mettait du charbon ou du bois chacun leur tour. Les bureaux des écoliers étaient équipés d’un encrier, car les élèves écrivaient à la plume. Certains bureaux ne comprenaient qu’un encrier pour deux. Parfois, les bureaux et les chaises étaient cloués au sol, certainement pour éviter les bruits.

Le matériel nécessaire à l’écolier a considérablement évolué depuis le XIXeme siècle. Vers 1900, les écoliers devaient s’équiper d’un cahier, d’une plume, d’un crayon, d’un buvard, d’encre et de craie, ainsi que d’un livre de lecture, d’un fablier et d’une ardoise.

L’écolier apprenait à former les lettres à la craie sur une ardoise. Une fois qu’il maîtrisait un peu l’écriture, il passait au cahier de brouillon et au crayon pour qu’il puisse éventuellement gommer. L’écriture à la plume était une sorte de « consécration » : on apprenait à ce moment-là à modeler son écriture à la plume en pleins et déliés.

Le matériel scolaire nécessaire à l’écriture à plume (poudres, encres, buvards, porte-plume) n’a disparut qu’à la fin des années 1960, laissant place au célèbre stylo à bille, peu onéreux, et instauré par décret dans les salles de classe.

Dans la classe il y avait une bibliothèque car les livres coûtaient très chers et les enfants en avaient très peu chez eux. Ils y faisaient d’ailleurs très attention car ils savaient qu’ils étaient rares et coûteux. Ils étaient très fiers lorsqu’ils en possédaient un.

Autrefois, les tables et les bancs étaient attachés : c’étaient des pupitres, on écrivait à l’encre avec un porte-plume que l’on trempait dans l’encrier, un seul encrier, en verre ou en porcelaine pour deux élèves, se trouvant sur le pupitre , on rangeait ensuite son porte-plume dans un plumier.

L’école d’aujourd’hui est bien différente, moins sévère et bien plus tolérante qu’autrefois. Elle accueille de plus en plus des personnes handicapées. La liste des programmes enseignés a bien augmenté. L’école du XXIème siècle remplace les tableaux noirs par des écrans numériques tactiles, les craies par des stylets, et les ardoises par des tablettes numériques. L’école est tournée vers l’avenir, celui d’un monde connecté où la connaissance est à la portée de tous.

Beaucoup de choses que les élèves d’aujourd’hui ignorent sans doute…