La vie en autarcie dans nos campagnes autrefois

La vie en autarcie dans nos campagnes autrefois

 

 

Nos ancêtres, qui eux, vivaient en autarcie, ne pouvaient compter que sur eux-mêmes pour faire face au déchaînement des éléments.

Qu’ils soient isolés dans un petit village perdu de montagne, qu’ils vivent dans une riante campagne, les ruraux du XIXe siècle vivaient repliés sur eux-mêmes, produisant tout ce dont ils avaient besoin pour leur nourriture, leur chauffage et leur habillement, en transformant eux-mêmes la matière première ou en la confiant à l’artisan voisin car les villages possédaient alors tous les corps de métier.

La nourriture d’abord. Elle provenait uniquement de leur récolte et de leur production : les légumes cultivés dans le jardin, les volailles élevées dans la cour, le cochon que l’on tuait un fois l’an, le lait que l’on trayait chaque jour et qui permettait la fabrication du beurre et du fromage, les fruits du verger, les châtaignes et aussi de la chasse au petit gibier à poil et à plumes. Même la boisson provenait de la ferme, cidre ou vin du pays suivant les régions.

Quant au pain, on le fabriquait et cuisait sur place, le blé étant porté au moulin pour obtenir de la farine. Point besoin d’huile pour cuire les aliments, le saindoux du cochon, cuit et mis en pot faisait l’affaire et pour la vinaigrette, on donnait sa récolte de noix à l’huilier. Pour sucrer les desserts rien de tel que le miel de la ruche. Afin de garder ces provision au fil de l’hiver, on utilisait divers moyens : le pot à saler pour la viande de cochon, le séchage des fruits entassés dans des jarres. Aussi rien d’étonnant qu’après avoir engrangé ces provisions, on pouvait attendre sans risques.

Les vêtements ensuite. Chaque paysan cultivait un peu de chanvre dans sa chènevière, le laissant rouir dans une mare, puis séché avant d’être broyé pour en extraire la filasse. Celle-ci était alors donnée au tisserand du village qui la transformait en toile solide dans laquelle les femmes coupaient des draps ou des chemises et préparaient le trousseau de leur fille. De la même manière, la toison des moutons, lavée et portée à la filature permettait d’obtenir du fil à tricoter. Pour les hommes, le vêtement est assez sommaire se composant d’un chapeau, d’un gilet, d’une veste, d’un pantalon (brailles), d’une chemise et le la taillole (ceinture de flanelle). Les femmes portent un fichu, un corsage, une jupe, des bas, souvent un corset et un tablier, pour linge de corps, uniquement une chemise de jour. Pour le travail dans les champs, des chaussures en cuir assez simples étaient régulièrement portées. Les plus courantes étaient des bottes à la cheville qui étaient lacées sur le devant. Les chaussures étaient connues pour avoir des semelles en bois, mais il était tout aussi probable que les semelles soient en cuir épais ou multicouche.

Le chauffage à présent. Il se réduisait souvent au feu de cheminée qui chauffait la maison et cuisait les aliments. Pour approvisionner le foyer, chaque hiver, les hommes allaient couper du bois dans les haies vives qui bordaient leurs champs. On n’oubliait pas de faire des fagots et de trier des tiges bien droites pour faire des manches de fourches. Les plus beaux arbres étaient sciés et débités en planches. On les employait pour réaliser des tonneaux, pour tailler des lattes ou des chevrons ou encore fabriquer un coffre.

Et l’éclairage ? Outre le feu qui éclairait souvent les maisons le soir à la veillée, on possédait des lampes alimentées par du pétrole et des bougies qu’on achetait au colporteur et qu’on faisait brûler avec parcimonie.

Et l’eau ? La majorité des fermes possédaient un puits. Il suffisait d’accrocher le seau à la chaîne et de tourner la manivelle pour le descendre vide et le remonter plein. De la même façon, les lavoirs étaient creusés dans certains prés ou dans un endroit aménagé au bord d’un ruisseau où les ménagères allaient rincer leur linge après l’avoir fait bouillir avec de la cendre qui servait de détergent.

Et les jouets ? Point de tentations pour les enfants qui n’avaient pour modèle que les adultes au travail. Les jouets se fabriquaient avec les moyens du bord : poupées de chiffon ou de maïs, sifflets dans de l’écorce de châtaignier, petites charrettes en noisetier, animaux inventés avec des glands.

Et les moyens de déplacement ? A pied quand on n’avait pas autre chose. On marchait beaucoup à cette époque, n’hésitant pas à parcourir 15 kilomètres pour se rendre à la foire et autant pour en revenir. Sinon, la charrette était attelée au cheval et point besoin d’essence. Plus tard apparaîtra le vélo.

Finalement, tout se trouvait ou se fabriquait sur place, sans oublier ces petits riens qui aidaient au quotidien : l’huile de chanvre qui graissait les moyeux des roues, les décoctions de plantes pour se soigner, le brou de noix pour teindre les tissus, la plume d’oie bien taillé pour écrire, des fougères ou autres pour protéger les plantes du gel. Mais on était capable de tenir un siège et on ne se laissait pas démoraliser par une couche de neige ou une rafale de vent.