Le coq de clocher

Le coq de clocher

 

 

Chaque clocher d’église est unique par son plan, son architecture et ses matériaux, mais une chose ne change pas : le coq métallique posé à son sommet. Souvent accompagné d’une girouette, il pivote selon la direction du vent.

Dans la majorité des cas, on voit un coq en métal, souvent en cuivre. Il arrive qu’une dorure le fasse scintiller au soleil et le rende encore plus visible. Jamais, ou presque, il ne déploie ses ailes, sagement posé sur son perchoir, face au vent.

Parfois, des monuments se contentent d’une croix ou se terminent par une statue, tel est le cas pour Aouste sur Sye.

Le coq est un symbole à la fois chrétien et le motif le plus répandu en Occident mais aussi bien français.

C’est une tradition très ancienne. On sait qu’en l’an 820, un évêque d’Italie fait forger un coq pour le placer en haut de sa cathédrale. À la fin du Moyen Âge, on devine que les coqs sont nombreux d’après les récits de catastrophes naturelles : des témoins racontent la foudre s’abattre sur le clocher et consumer le coq qui l’orne.

Pourquoi avoir choisi le coq ?

Si l’on écarte l’histoire de la tradition chrétienne voulant que le choix du coq est dû au reniement du Christ par l’apôtre Saint Pierre, deux possibilités restent en lice.

Déjà Jules César, fit le constat en 54 avant J.C. que les Gaulois  » élèvent des coqs mais s’abstiennent de les manger  » car ils leur accordent une valeur religieuse extraordinaire.

L’apparition des coqs au sommet des clochers semblerait remonter au VIIeme siècle. En l’an 820, un évêque d’Italie fait forger un coq pour le placer en haut de sa cathédrale. À la fin du Moyen Âge, d’après les textes relatant les catastrophes naturelles, les auteurs relatent que la foudre s’abattant sur le clocher et détruisant le coq. Le pape Léon IV (ou Nicolas Iᵉʳ) décida que les clochers de chaque église devaient en être dotés. Dès le Xeme siècle on peut en voir sur la cathédrale de Westminster et sur la tapisserie de Bayeux.

Au Moyen-Age, il continue d’être un symbole solaire. Il est celui qui réveille ceux qui dorment encore.

Le coq représente le lever du jour, moment symbolique dans beaucoup de religions. C’est le moment où les ténèbres se dissipent et la lumière s’impose. Un épisode qui peut être traduit comme le triomphe du bien sur les démons de la nuit, comme la victoire de la vie sur la mort, la sens religieux de résurrection significatif pour les chrétiens.

Le coq chasse symboliquement les ténèbres d’où sa figuration dans plusieurs religions, dont le christianisme. Chez les chrétiens, il est aussi le symbole de la vigilance du clergé qui veille sur son troupeau de fidèles. Le clergé dans sa mission  » de réveiller les âmes endormies et remettre le fidèle, toujours pêcheur, dans le droit chemin, de s’assurer de les amener vers la lumière « , s’est saisi de ce symbolisme.

Outre sa symbolique religieuse, le coq est talisman et messager divin.

Le coq sert à la divination dans le monde entier et le nid du coq est symbole de l’âme. Les Anciens utilisaient aussi le coq pour conjurer le malheur et offrir des sacrifices. Les sacrifices de coqs font partie intégrante de la magie et ces pratiques sont apparues en Chine bien avant les Qin. C’est que les hommes de l’Antiquité étaient fermement convaincus que le sang du coq permet d’éviter le malheur et d’éloigner les démons malfaisants.

Les anciens accordaient beaucoup d’importance aux sacrifices et parmi les choses qu’ils sacrifiaient à leurs dieux, le coq occupait une place de choix. Aujourd’hui encore, on sacrifie des coqs aux ancêtres dans certaines parties de la Chine.

On utilisait aussi le coq pour émettre des jugements. Chez les Jingpo, on a recours au cri du coq pour trancher les litiges. Au jour dit, les parties du contentieux se réunissent en un lieu précis, chacune avec un coq vivant. Le sorcier récite des formules magiques, et après cela on lâche les coqs. Le propriétaire du premier coq qui crie est déclaré perdant.

Si dans l’art chrétien, le coq est un symbole international, en France, c’est l’étendard patriotique

Le coq allait devenir le tricolore l’emblème de la Révolution triomphant de l’ordre ancien.

Les Gaulois l’auraient utilisé comme emblème. le mot latin « Gallus » signifie autant « gaulois » que « coq ». Il a fini par être l’allégorie du pays. C’est pourquoi  » le Coq Gaulois « , symbole patriotique se trouve assez fréquemment parmi les ornements des monuments aux morts de France et sur l’insigne officiel des maires aux couleurs nationales. De même, on a fait l’emblème des équipes de France sportives. Et on le retrouve sur des logotypes et maquettes officiels d’entreprises ou associations ainsi que sur les monnaies et timbres français.

                

  

Mais aussi, ne pas oublier les diverses expressions populaires rattachées au coq. Au XVIe siècle, l’expression  » coq de village  » désignait l’homme le plus riche du village régnant sur son petit monde, en référence au coq qui règne sur la basse-cour. Par la suite, l’expression a évolué pour prendre une connotation séductrice : un homme influent aimé des femmes du village.

Et encore celles-ci :

Etre fier comme un coq : être prétentieux, imbu de soi-même.

Etre comme un coq en pâte : mener une vie confortable et agréable

Avoir des mollets de coq : avoir des jambes ou des mollets grêles, peu musclés

Rouge comme un coq : à qui la colère ou un effort violent fait monter le sang au visage.

Sauter du coq à l’âne : passer sans transition d’un extrême à l’autre

Un combat de coqs : rencontre conflictuelle

Un poids coq : en boxe catégorie de poids de concurrents

Sans oublier la dernière aventure du coq qui défraya la chronique, celle du coq  » Maurice « , grand chouchou des médias nationaux et internationaux. Accusé de troubler le sommeil du voisinage avec ses cocoricos matinaux, il fut traîné devant les tribunaux.  » Maurice  » gagna le droit de continuer à chanter et son histoire inspira la loi. Son procès était devenu le symbole des conflits de voisinage aujourd’hui de plus en plus fréquents entre « ruraux » et habitants venus des villes parfois le temps d’un week-end. Le chant matinal du coq devient à cette occasion un symbole de la ruralité menacée, face aux exigences grandissantes de la part des vacanciers, avides de calme.

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