Le temple d’Aouste-sur-Sye

Le temple d’Aouste-sur-Sye

 

 

 

Le Temple en 1910

 

1683/1906 Les temples à Aouste sur Sye

Située sur les importantes voies de communication entre Provence et Dauphiné, assez facilement accessible depuis l’Italie, la Drôme a, de tous temps, été influencée par de grands mouvements d’idées. 

Les cathares et les vaudois y ont déjà critiqué la théologie catholique. à partir de 1550, les guerres de religion marquèrent l’histoire locale, avec entre autres, la destruction des monastères et couvents par le duc de Montbrun. Dans le Valentinois, le début des guerres religieuses pourrait être daté de 1562 avec la prise de la ville par le Baron des Adrets. L’Édit de Nantes (1598) semble être un compromis très politique rapidement mis à mal par la prise de pouvoir de Louis XIII.

 Vers 1675, en France, malgré les brimades, les vexations, les restrictions de célébration du culte (comme les interdictions de sonnerie de cloches) et les exclusions de responsabilités politiques, la population protestante était encore nombreuse ; des Aoustois se souvenaient encore du séjour du pasteur Daniel Charmier officiant en 1659, brillant orateur et gendre d’un éminent théologien genevois. à partir de 1681, la discrimination prend de nouveaux aspects, avec une requête à l’Intendant royal pour obtenir que « la recette des tailles soit donnée à un catholique et non à un réformé » (1). En mars 1681, quelques catholiques, aidés par des cavaliers, envahissent et saccagent le temple, jettent le mobilier et la Bible à la rivière, leurs actes seront impunis. Les protestants sont progressivement exclus de toutes les fonctions officielles. En 1681 et 1682, à Aouste, les curés, châtelains, consuls et notables « certifient pourtant la vie paisible des religionnaires » (1).

En 1683, sur ordre de Daniel de Cosnac intriguant évêque de Valence (à l’âge de 24 ans !) et aumônier de Monsieur, frère du roi, les temples d’Aouste, Montclar, Vercheny, Bouvière, Saillans sont détruits (deux ans avant l’édit de Fontainebleau révoquant l’édit de Nantes).

à Aouste, on renforcera la surveillance de la cité pour « pour empêcher les surprises qu’il pourrait arriver sur les bruits des assemblées que les nouveaux convertis font en divers endroits » (22 février 1689) et le consul dresse aussi procès verbal « contre ceux qui ont lu à haute voix, dans une maison particulière, les psaumes et prières des anciens de la religion réformée ». Le 9 mai 1689, l’Intendant oblige les nouveaux convertis à envoyer leurs enfants aux écoles catholiques et « l’emplacement du temple d’Aouste sera donné à la commune pour bâtir l’église neuve » (1)…

Tout est fait pour éradiquer le protestantisme : impôts supplémentaires, exclusions professionnelles (santé, éducation, administration, etc.), interdiction des livres religieux, interdiction de culte, surveillance et dénonciations, destruction du temple, obligation d’éducation catholique, cimetières distincts, sans parler des adjurations forcées sous peine de pendaison. Ainsi à Aouste, de 1678 à 1767, près de cent familles y seront contraintes (abjuration des personnes de quinze ans jusqu’à quatre-vingt-dix ans). Sur la région de Crest, les dragonnades débutent en 1683 pour se terminer en 1694. Deux Aoustois ayant refusé de se convertir ont été condamnés aux galères ; le tailleur Antoine Rialle y est resté de 1745 à 1773, il a été libéré après abjuration. En 1736, le procès verbal de visite par Joseph de Cosnac, évêque et petit-neveu du précédent évêque, indique qu’à Aouste il y a « une population catholique de 160 familles et 80 nouveaux convertis ». Malgré les risques, les difficultés, les peines encourues (envoi aux galères, condamnation à mort), certains protestants refusent de renier leur foi. Très influencés par la petite prophétesse de Saoû, Isabeau Vincent, ils se réfugient au Désert, fuient en Suisse, en Allemagne ou en Hollande : cette guerre civile a fait dire à Michelet qu’il n’y a « rien de semblable dans toute l’Histoire du monde ». Les archives communales (disposant d’une partie des archives paroissiales antérieures à la Révolution) conservent une affiche signée Jean Antoine Jomaron, Conseiller du Roy et trésorier de France à Grenoble, cette affiche « à apposer à la porte de l’église paroissiale d’Aouste » est datée de 1746 : elle indique les «Biens des religionnaires fugitifs à affermer ». Quatre noms de « religionnaires » y figurent : Pierre Chabert, Anne Brachet, Suzanne Point, Charles Guérin… (1) : « Désastre politique, moral et économique ».

Il faudra attendre 1795 pour que la liberté de culte soit rétablie en France, le Concordat de 1802 organiser aussi le culte protestant.

 Divers textes, à partir de 1834, traduisent les étapes de la construction du temple actuel :

En 1835 le consistoire de Crest demande au Ministère des cultes et de la justice la construction d’un temple en bordure de la route royale 93 reliant Valence à Sisteron, l’autorisation royale est datée du 13 août 1835.

Le terrain (3 ares 2 centiares) a été cédé par M. Latune, papetier habitant à Crest, pour la somme de 520 francs.

Le devis estimatif note aussi :

« Le temple doit contenir 300 personnes assises, …dimensions : 16 mètres de longueur, 8 mètres de largeur, hauteur sous plafond de 8 mètres …. La construction est si simple qu’on juge inutile d’en faire un plan ».

La souscription volontaire a rapporté la somme de 4232 francs, le devis est de 9218 francs.

En 1836 et 1837,  « les secours d’état fournis par le garde des sceaux, Ministre de la justice, secrétaire d’état et de la justice et des cultes » s’élèvent à deux fois 1500 francs (2).

En 1838, autre « secours d’état » de 600 francs (2).

1856 : 251 habitants sur 1254 sont de religion réformée (3) et, en 1861, 300 réformés sur 1215 habitants (4).

La construction fut suivie par le premier pasteur nommé à Aouste, Pierre Servières, né à Nîmes le 30 mai 1808. Il était connu pour « sa moralité, sa piété, sa conduite, ses talents oratoires, et sa doctrine ». Il fut installé dans sa nouvelle paroisse le 20 juin 1834. Il desservait alors Mirabel-et-Blacons, Piégros-la-Clastre, Lambres, Divajeu, Chabrillan, Auriples, Soyans, Francillon, Puy-Saint-Marin, Saoû et Célas. Quelques années plus tard, le pasteur d’Aouste a seulement en charge les communes de Mirabel-et-Blacons, Saoû, Puy-Saint-Martin, Grâne (5).

Par ailleurs, l’exercice des cultes religieux est strictement contrôlé par le préfet, que ce soit la célébration des fêtes officielles, la composition du conseil presbytéral, les indemnités de logement ou la réfection des peintures (5). C’est ainsi qu’une lettre du sous-préfet de Die demande en 1844 à la mairie d’Aouste, de fixer à 300 francs l’indemnité de logement du pasteur, compte tenu que le prêtre résident perçoit, « depuis un temps immémorial » une indemnité de logement de 200 francs et que le pasteur doit se déplacer dans diverses communes : Aouste réglera 125 francs, Mirabel 50, Saoû 75, Puy-Saint-Martin et Grâne 25 chacune (6).

Les deux pasteurs les plus connus qui ont desservi le temple d’Aouste sont Tommy Fallot de 1895 à 1904 – le promoteur du Christianisme social et de la lutte pour le relèvement de la morale publique – et son neveu Marc Boegner qui, de 1905 à 1911, sera l’apôtre de l’unité des chrétiens (7).

Suite à la loi de séparation des Églises et de l’État du 9 décembre 1905, le président du consistoire de Crest, M. Faure, transférera le 23 mai 1906 à l’Association dite Église Réformée d’Aouste représentée par M. Boegner et M. Latune Charles « les biens mobiliers et immobiliers » ; biens répertoriés dans l’inventaire effectué par M. Fontaine inspecteur des domaines à Valence.

Sources :

(1) – Archives Communales Aouste : 1594-1790 : BB 19 et GG 10.

(2) – Copies d’actes originaux et du devis détaillé de la construction.

(3) – Abbé Vincent, Aoste, imprimerie M. Aurel, 1856, (réimpression 1990, C. Lacour Nîmes).

(4) – Archives départementales : recensements Aouste 2MI 2842/R1.

(5) – Courriers concernant les cultes : Archives Communales : MN 24.

(6) – Délibération Conseil Municipal 22 septembre 1844.

(7) – Voir infra l’étude effectuée par l’association Histoire et Patrimoine Aoustois.

A consulter :

   – Relevés d’abjurations des protestants d’Aouste :

        http:// huguenots-France.org/France/dauphine/aouste/abjurations.htm

        http://pedagogie.ac-toulouse.fr/culture/religieux/ednantrevocation/htm

       –  Eugène Arnaud : Histoire des protestants de Crest,  Ed. Grassart, Paris, 1875

       –  Mémoires de frères Gay de Die pour servir l’histoire des guerres religieuses en Dauphiné  

            au XVIe s : Gallica.bnf.fr

      –   Voir aussi la liste nominative, les motifs et les communes d’origine des condamnés aux

         galères : Musée du Désert, le mas Soubeyran à Mialet (30) et Musée du Protestantisme à

        Poët-Laval (26)

René Descours

Autour de Marc Boegner jeune pasteur aoustois de 1905 à 1911

Marc Boegner (Photo M. Lenoir)

« Ma première paroisse, celle dont je suis devenu le pasteur dans la fraîcheur de ma vocation, est restée à jamais dans ma vie pastorale, l’objet de mon premier amour » (1)

Marc Boegner est né en 1881, fils d’un préfet d’Epinal, et le neveu de Tommy Fallot. C’est sa première paroisse en poste de pasteur. Le ministère de Marc Boegner se déroulera de 1905 à 1911; il succède à son oncle Tommy Fallot décédé prématurément.

Lorsqu’il arrive en 1905 à Aouste à 24 ans, le nouveau pasteur connaît le village, il y a séjourné plusieurs fois depuis novembre 1898 (1), hébergé par son oncle Tommy Fallot, « il pouvait admirer la Drôme et les montagnes » (2). Lorsqu’il prend ses fonctions, le pasteur Marc Boegner trouve une situation tendue, c’est le moment de la séparation des églises et de l’état, le moment de l’inventaire des biens religieux (3). De même, les relations entre les diverses confessions chrétiennes ne sont pas encore vraiment apaisées. Les protestants sont au nombre de 500 et représentent environ un tiers de la population, une certaine discordance entre protestants et catholiques existe alors, à la fois en ce qui concerne le quartier de résidence et l’emploi, la formation sans parler des mariages. C’est cependant à Aouste que Marc Boegner indiquera plus tard « être né à la vie œcuménique » (1)

Boegner classe des papiers de son oncle, le contact avec les habitants l’aide aussi dans sa formation personnelle : « Que de choses j’ai appris de ces jeunes paysans dauphinois! »

C’est en 1911 qu’il est nommé professeur à la Maison des Missions à Paris. Docteur en théologie et pasteur à Paris, il joue un rôle décisif pour fédérer les différents courants du protestantisme.

Toutefois, les diverses parutions de l’hebdomadaire local Le Crestois montrent que la vie communale est alors marquée par les fêtes catholiques comme la Saint-Vincent ou la Fête-Dieu, tandis que l’édition du 19 novembre 1910, elle, dénonce « la supériorité démographique nationale des protestants » (4) !

Marc Boegner rêvait d’être amiral. Mais, ne pouvant embrasser une carrière militaire à cause de sa myopie, il passe une licence de droit en 1901, se passionne pour l’hébreu et effectue ensuite des études de théologie protestante, il soutient une thèse de doctorat sur « Les catéchisme de Calvin, études d’histoire et de catéchétique » en 1905. Le ministère de Marc Boegner à Aouste se déroulera de 1905 à 1911 où il succède à son oncle Tommy Fallot décédé prématurément.

En rédigeant les premiers chapitres de sa réflexion autobiographique « L’exigence œcuménique, souvenirs et perspectives » publié en 1968, Marc Boegner revient sur l’influence de son oncle, initiateur du « Christianisme social ». Il indique aussi ses impressions : « Voici soixante neuf ans que, pour la première fois, j’arrivais dans cette maison de campagne des Auberts [le pasteur Fallot résidait à Crest jusqu’en 1901 avec l’autorisation du maire et du sous préfet]. Que de découvertes j’y fis, par quoi ma vie et ma pensée furent profondément influencées… » (2). à propos de son oncle, il note : « De ses paroissiens, pour la plupart modestes cultivateurs ou, à Aouste, ouvriers d’une papeterie ou de fabriques de soie, il voulait faire une communauté fraternelle… » (2).

 Boegner classe les papiers de son oncle ; il est marqué par cette affirmation :

1- « L’Eglise sera catholique ou ne sera pas. »

2- « le chrétien sera protestant ou ne sera pas »

Il rappellera cette pensée dans deux ouvrages : « La vie et l’œuvre de Tommy Fallot et Tommy Fallot l’homme et l’œuvre. ». Le contact avec les habitants l’aide aussi dans sa formation personnelle : « Que de choses j’ai apprises de ces jeunes paysans dauphinois ! Je m’efforçais de les intéresser aux sujets les plus divers, ils m’apprenaient, eux, à me défaire du langage « livresque » dont Fallot avait lui-même horreur, à converser avec eux dans un langage concret, direct, à pénétrer dans leurs préoccupations, à élargir leur horizon intellectuel et religieux. Oh !… j’ai fait l’apprentissage de ma longue carrière de conférencier. Je suis grandement redevable à mes jeunes amis d’alors des leçons que, sans s’en douter, ils m’ont données dans nos rencontres amicales » (1).

Cent ans plus tard en juillet 2010, à la résidence Blanchelaine, Marguerite Lenoir, qui a rencontré Marc Boegner en 1953 lors des inondations en Hollande, rappelait avec émotion que la vie des habitants d’Aouste, Saillans et Loriol avait marqué la pensée du pasteur et celui-ci évoquait alors, avec plaisir, sa jeunesse dans la Drôme : il aimait à répéter cette phrase, reprise dans la presse : « La vallée de la Drôme avec ses Trois Becs fait toujours partie de mon paysage intérieur » (1).

En 1911, suite à des soucis de santé, il est nommé professeur à la Maison des Missions à Paris. En 1912 la rencontre à Paris du père Laberthonnier et des « Annales »  développe une attention particulière de Marc Boegner pour le catholicisme. Le pasteur sera ensuite pendant la guerre affecté à un hôpital militaire de typhiques dans la région lyonnaise puis, en 1918, nommé à la paroisse de Passy. Ce sera le début d’un ministère important, à la fois au service du protestantisme (président de la fédération protestante de 1929 à 1961 et observateur au concile Vatican 2) et de l’accueil des étrangers.

En 1938, il est le premier président de l’Église réformée de France unifiée.

Au début de la Seconde Guerre Mondiale, il fut habilement placé par Pétain – conseillé par René Gillouin – dans une instance consultative pour séduire les protestants,. Sous l’occupation, alors qu’il est membre du Conseil national de Vichy, il dénonce les mesures contre les Juifs. De concert avec l’archevêque de Lyon et le grand rabbin de France, il multiplie déclarations et interventions. Ses lettres adressées au Maréchal Pétain ou au Grand Rabbin sont lues publiquement dans les églises. Seul l’évêque de Toulouse, Mgr Salière, a eu un tel courage

Son action pour le dialogue inter-religieux sera marquée par la participation comme observateur au concile de Vatican 2.

Action, réflexions humaines et théologiques sont liées : le pasteur a contribué à la création de la CIMADE pour l’entraide auprès des réfugiés, à la création de Taizé, à la vie du collège du Chambon-sur-Lignon, ceci sans oublier la participation du pasteur au « Guide Bleu religieux de France » rédigé en collaboration avec le cardinal Feltin, le rabbin Kaplan et le docteur Mammidullah ; Marc Boegner a aussi étudié plus particulièrement les flux migratoires des protestants de Drôme-Ardèche vers Genève et la Hollande à la suite de la Révocation de l’Édit de Nantes, ceci s’ajoutant à ses nombreuses publications (5). Moins connue est son action personnelle pour aider, sur ses revenus, les nécessiteux, avec le maximum de simplicité. Un autre élément de la personnalité de cet intellectuel est sa crainte de l’erreur, le doute sur le bien-fondé de l’action « comment ne pas se tromper ? ». Grand officier de la Légion d’honneur, membre de l’Académie des Sciences Morales et Politiques, Marc Boegner entrera en 1962 à l’Académie française : son discours de réception portera sur la « responsabilité morale des élites ». Dix-huit ans après sa mort, il sera, en 1988, désigné comme « Juste parmi les Nations » pour ses actions contre la politique antisémite du gouvernement de Vichy.

Avant de loger chez la famille Boegner, Madame Lenoir, alors très jeune Infirmière Pilote Secouriste Air de la Croix Rouge a participé en 1945, pendant trois mois, au retour en avion des déportés malades des camps de concentration. Les rapatriements étaient effectuées par la RAF dans des conditions matérielles et sanitaires très difficiles, les déportés ayant contacté le typhus ; ce dévouement valut à Marguerite Lenoir cette réflexion d’un médecin militaire de la RAF : « Margaret are you a sister ? ». Madame Lenoir a ensuite travaillé à la mise en place du plan Marshall en Afrique Équatoriale Française avant de devenir « Expert auprès des Nations Unis pour le secteur social » et collaboratrice de Philippe de Seynes. Amie de la famille Boegner, elle racontait comment Marc Boegner avait vécu entouré de protestants, de catholiques et d’orthodoxes. Son propos était parsemé d’anecdotes savoureuses, ainsi le chauffeur habituel de l’académicien étant absent, elle avait conduit, en 2 CV, le pasteur en grand habit de cérémonie à l’Académie Française ! Elle regrettait aussi que, cent ans après son passage à Aouste, malgré des évolutions très importantes, les divers aspects de la pensée de Marc Boegner, ne soient pas plus connus et appliqués. Elle déplorait encore, en 2011, l’inconscience de nos concitoyens qui laissent la finance et la bureaucratie écraser les plus faibles.

 Notes :

1 – Texte de Marc Boegner pour le Dauphiné Libéré, vendredi 7 juillet 1967.

2 – Marc Boegner, L’exigence œcuménique –souvenirs et perspectives

A. Michel,1968.

3 – Voir : « historique des temples d’Aouste 1683-1906 » (Étude d’Histoire

et Patrimoine Aoustois).

4 – Le Crestois 19 novembre 1910.

5 – http://www.académie-française.fr/immortels/base/académiciens/fiche.

Voir :

 – Au musée du protestantisme de Poët-Laval (26 ): les lettres des pasteurs Fallot et Boegner

– Le Mémorial du Chambon-sur-Lignon en Haute-Loire où est évoqué avec

précision le rôle du pasteur Boegner, de la Cimade et des habitants pour la

protection des Juifs durant la Seconde Guerre Mondiale.

– La tombe du pasteur Tommy Fallot se trouve dans le parc Latune à Blacons

Nos remerciements vont aussi à Jacques Mouriquand, rédacteur en chef honoraire du Crestois pour diverses informations fournies sur M. Boegner et en particulier la Vidéo I.N.A., « Les confidences d’ un pasteur, », 22/12/1960.

René Descours

 

 

Nomination du pasteur Fallot à Aouste

 
Achat du terrain pour la construction du temple en 1835

Autres pasteurs les plus connus d’Aouste sur Sye aux 19e et 20e siècles

Tommy Fallot

Tommy Fallot  est né le 4 octobre 1844 à Fouday (Bas-Rhin) et mort le 3 septembre 1904 à Mirabel (Drôme). C’est un pasteur d’origine alsacienne considéré comme l’initiateur du christianisme social en France.

Au  long de sa carrière il a occupé des postes des pasteurs à Wildesrsbach (au Ban de la Roche)(Bas-Rhin), à Paris, à Sainte Croix (Drôme) et à Aouste sur Sye.

C’est à Sainte-Croix puis à Aouste sur Sye dans la Drôme, qu’il passera les dix dernières années de sa vie, en véritable évangélisateur des populations locales. C’est aussi dans les nombreux écrits de cette période, qu’il montrera combien il se préoccupait d’œcuménisme bien avant que le mot ne soit prononcé et de la nécessaire unification des divers courants au sein des Églises Réformées protestantes.

Ces thèmes les plus reconnus sont la défense de la moralité publique, la fondation de Cercle socialiste de la libre pensée socialiste (en 1882 – la Société d’aide fraternelle d’études sociales), les recherches sur l’œcuménisme.

Roger Chapal

Il est encore un troisième pasteur : Roger Chapal, on connaît peu d’éléments de sa vie, pasteur à Aouste de 1936 à 1946, il  a protégé les juifs à Aouste durant la deuxième guerre mondiale et était en lien avec les résistants . Il fut ensuite pasteur à Montpellier; grand théologien, penseur, écrivain, C’était un musicien de grand talent, il travailla sur les psaumes chantés au  XVIe siècle, harmonisés à quatre voix.  On peut les trouver dans le recueil « Le Psautier français. Les 150 Psaumes versifiés en français contemporain » publié en 1995 par Réveil publication. Le recueil, imprimé de son vivant, est encore utilisé. Il est décédé en 1998.

Info : Voir aussi  le livre édité par Histoire et Patrimoine Aoustois –  » Aouste sur Sye … au fil du temps « – réédition de 2019

Renseignements mail : histoire.patrimoine.aoustois@orange.fr