Le Valentinois et le Diois pendant les Guerres de Religion

Le Valentinois et le Diois pendant les Guerres de Religion

 

Le contexte socio-économique des guerres de religion dans le Valentinois-Diois 

Pour l’agriculture

Le commerce

Les difficultés de la vie au XVIe s.

La peste

Les difficultés climatiques

Une insécurité permanente

La fin du XVIe siècle

 

 

Depuis la cession du Dauphiné à la France en 1349,la diminution du pouvoir des nobles et du tiers état profite au pouvoir royal. Les guerres de Louis XI, François 1er, Henri II ( 1530) entraînent une hausse des prix. En 1569 , le tiers état refuse les nouveaux impôts pour financer les guerres. Par ailleurs, la centralisation des pouvoirs, les diminutions des exonérations d’impôts pour les nobles et les bourgeois,ne bénéficient pas aux artisans et au peuple. Le système fiscal du Dauphiné, pays d, état donc de taille réelle, perd ses particularités et provoque des révoltes contre les impositions en 1579-1580.

Pour l’agriculture

En ce qui concerne l’agriculture, au XVIe siècle, les difficultés alimentaires sont flagrantes dans le Diois, les terres cultivées étant insuffisantes et pauvres à contrario du Valentinois, pays de plaines riches. La déforestation des pentes et des zones boisées du haut pays provoquent les inondations des plaines, les productions agricoles sont insuffisantes sur des terres de mauvaise qualité, les difficultés d’alimentation des troupeaux de moutons, le morcellement des propriétés et l’ insuffisance du matériel agricole obsolète (utilisation des araires) aggravent la situation.

Le commerce

S’il s’améliore avec le progrès du commerce international sur l’axe Lyon-Marseille et l’ utilisation de gros chariots en 1655, le commerce local sur la vallée de la Drôme, à partir de Crest, péréclite du fait du mauvais état des routes et d’une certaine insécurité.

Les difficultés de la vie au XVIe s.

Elles se caractérisent par une: baisse de la natalité, une augmentation de la mortalité, les guerres sporadiques, l’insécurité permanente, la recrudescence des maraudeurs. Les pauvres et les mendiants sont de plus en plus nombreux. Les troupes catholiques ou protestantes taxent les communautés, et, s’il y a un refus, c’est le pillage et parfois la destruction de villages. Les nobles réprimés rejoignent les huguenots persécutés. Les passages des troupes étrangères mercenaires augmentent les complications, parfois les catholiques et les protestants locaux s’entendent pour éviter le pillage. Les collecteurs d’impôts sont victimes des émeutes populaires, comme à Valence en 1644 : le surintendant Fouquet doit s’enfuir!

La peste

En 1586-87, la peste fait 5000 morts dans le Diois,, 350 morts dans le seul village de Beaufort, Valence, Die, Montélimar perdent un tiers de leur population. L’ accroissement des difficultés économiques liées aux quarantaines pénalise la population à qui il est interdit les déplacements inter urbains – surveillance accrue des portes des villes et villages -.

Les difficultés climatiques 

En 1585, les mauvaises récoltes entraînent des famines et l’augmentation du prix des céréales et du vin, alors que les  » taxes de guerre  » augmentent. Les garnisons militaires coûtent cher. En 1681, le village d’Aouste aura à payer 3607 livres pour l’entretien des troupes ! La guerre provoque aussi une réduction des surfaces cultivées ( de 10 à 20% de moins), les paysans désertant leurs terres.

Une insécurité permanente

Les combats « religieux » souvent souvent très sauvages : à La Motte Chalencon, exécution des soldats, des hommes, filles et femmes emmenées, pillages et destruction de bâtiments, les marchands sont pris en otages et échangés contre rançon, les bandes de paysans révoltés assassinent les juges et les greffiers; les « soldats » passent d’un camp à l’autre au plus offrant. Les capitaines et officiers de chaque parti s’enrichissent avec les biens spoliés.

La fin du XVIe siècle

Une amélioration économique liées aux idées de l’ardéchois Olivier de Serres et du drômois Barthélemy de Laffemas redresse le pays. En 1598, la culture de la luzerne et du sainfoin ( venus d’Italie ) se développe, le bétail est mieux nourri. De 1551 à 1598, le nombre de bêtes est multiplié par 10 sur la région de Crest. La construction de canaux commencée en 1507, stoppée par les guerres et les taxes, repart de 1600 à 1620. La noblesse s’est aussi enrichie en rachetant les biens des églises et en accroissant son pouvoir administratif.

D’après une thèse de Daniel Hickey de la Faculté des études supérieures et recherches – Université McGill Montréal Canada – Août 1973