Les lavoirs d’Aouste

Les lavoirs d’Aouste

 

 

Plusieurs lavoirs ont existé sur la commune d’Aouste. Au XIX° siècle, cinq lavoirs furent édifiés sur la commune (quatre municipaux : un à l’est du village, un au centre , le « Petit Bassin », un à l’ouest, celui de Chalancon aujourd’hui détruit et un au quartier Bellevue à Blacons) et un privé (lavoir Flachard-Tavan utilisé par les ouvrières de l’usine logées sur place.

Aujourd’hui, le lavoir de Chalancon n’existe plus. Son ancien emplacement est couvert de broussailles et l’on distingue encore les marches qui permettaient son accès, les barres d’appui et la margelle en pierre. Au nord de ce lavoir existait l’étendoir sur lequel est maintenant construit la Halte-Garderie.

Quant au lavoir de Bellevue, il se trouve actuellement sur la commune de Mirabel-et-Blacons du fait du rattachement en 1946 du quartier Bellevue à cette commune.

  

Lavoir Filliat

Lavoir de Bellevue

Le Petit Bassin

Lavoir de Chalencon

 

 

 

 

Lavoir Filliat

 

Lavoir Filliat

Le lavoir communal, dénommé Filliat à l’origine car implanté près de la papeterie devenue Sacna-Lembacel-Mondi, se situe sur le canal de Gervanne (ou des usines). C’est l’un des quatre lavoirs communaux construits sur la commune d’Aouste au XIXeme siècle.

Le 10 novembre 1889 Mr Cheynel architecte à Crest, sollicité par la commune, établit un devis détaillé estimatif de cet abri pour un montant de 800 francs, d’une longueur de 10,20 m pour 15 à 16 lavandières. Cet appentis devait couvrir le lavoir communal existant. Il serait édifié avec des potelets en briques fines arrondies, charpente en bois de Bourgogne, toiture en tuiles plates de Beaussemblant, socle en pierre du Pouzin, devait être fermé sur les cotés ouest et est par des planches de sapin peintes couleur « jaune de gare »,

Le 28 janvier 1890, le maire Gustave Gresse présente à son conseil municipal des plans et devis dressés le 10 décembre 1889 par Mr Cheynel architecte à Crest pour la construction d’un abri au lavoir communal sur le canal des usines dont la dépense est évaluée 800 francs. Le conseil municipal constatant, que le projet répond à un besoin réel si longtemps souhaité par la population et que les ressources de la commune sont suffisantes, est d’avis de mettre en adjudication la construction du lavoir. Par là même, le conseil demande au préfet d’ouvrir un crédit spécial de 800 francs applicable à cette dépense.

Le 17 avril 1890 approbation du cahier des charges et demande au préfet de ratifier le vote, ce qu’il fait.

Le 6 juillet 1890, adjudication accordée par la municipalité, avec autorisation du préfet en date du 13 août 1890, en faveur de Mr Héritier Rémy entrepreneur de maçonnerie de Crest.

Avec quelques modifications, l’architecte Mr Cheynel, établit le 1er décembre 1890 un devis pour un montant de 993,24 francs avec un rabais de 13 %.

Le 24 mai 1891, le conseil municipal vote un crédit supplémentaire de 371,20 francs pour des travaux complémentaires et indispensables à la construction de l’abri.

La construction terminée est remise aux lavandières en 1891 ; il sera utilisé jusqu’en 1995.

En septembre 2016, la toiture de cet ouvrage patrimonial sera restaurée après plus d’un siècle d’utilisation.

A noter que la présence de ce lavoir a causé quelques soucis à la papeterie Filliat. En effet, la pureté de l’eau étant altérée, la fabrication des papiers fins que produisait la papeterie s’en trouvait modifiée.

Lavoir de Bellevue

 

 

La Papeterie d’Aouste avait émis une opposition le 28/08/1923 relative à la construction du lavoir de Bellevue, autorisation qui sera finalement donnée le 15/09/1923.)

Ce lavoir, à l’origine sur la commune d’Aouste, se trouve depuis 1946 sur la commune de Mirabel- et-Blacons, conséquence du rattachement du quartier de Bellevue à cette dernière.

Par une pétition des habitants de Bellevue adressée au maire d’Aouste en 1923, ceux-ci demande au maire de faire établir un lavoir public couvert sur le canal de Gervanne et sur une parcelle de terre inculte d’environ 50m², cadastrée 126P section C, emplacement gracieusement offert par Mrs Léopold et Joseph Barral frères, industriels, fabricants de billes.

Le 28 août 1923, le directeur de la Papeterie d’Aouste, adresse une lettre au maire s’élevant contre l’établissement de ce lavoir. Le motif invoqué étant, l’eau du canal devenue impure serait préjudiciable à la fabrication du papier .De même, il précise qu’il y a eu des antécédents avec le lavoir communal Filliat. Le 15 septembre, il adresse une nouvelle lettre autorisant l’exécution du projet, précisant toutefois, les conditions de débit d’eau et , dans le cas, ou l’eau serait impure pour la fabrication des papiers fins, il en demanderait la suppression du lavoir.

La convention entre les parties sera signée le 24 août 1924. Les frais d’enregistrement (20 francs) restent à la charge de la commune d’Aouste. Cet édicule permettrait aux personnes n’ayant pas de lavoirs privés en bordure du canal, de bénéficier de meilleures conditions d’utilisation par mauvais temps.

Par délibération du conseil municipal d’Aouste en date du 10 août 1924, le maire Pierre Cordeil et ses conseillers approuvent la construction de ce lavoir. Les plans, devis et cahier des charges sont établis par Mr Savoyat, ingénieur des Ponts et Chaussées de Crest pour un montant de 2340 francs.

Ces travaux, peu importants, seront soumis aux entrepreneurs locaux sur soumission directe. Le 10 septembre 1924, le Préfet approuve la construction du lavoir. Mr Sibourg Alexandre, entrepreneur de maçonnerie d’Aouste, en est l’adjudicataire par le procédé de marché de gré à gré, aucun soumissionnaire ne s’étant présenté, le 10 septembre 1924. Toutefois, il a accepté de faire les travaux et de les commencer immédiatement moyennant une augmentation de 12%.

Les dépenses supportées par la communauté s’élevèrent en définitive à 3658 francs pour le lavoir. Ces majorations étant dues, pour le lavoir, à des modifications du projet initial et par des dégâts exceptionnels causés par un violent orage.

Le 11 novembre 1925, Mr Savoyat déclare les travaux terminés, reconnus bons et valables.

Le Petit Bassin

 

Construit au-dessus de la galerie du canal de Crest, vers le pont. Ce lavoir semble avoir été édifié à la même époque que le lavoir Filliat et en présente les mêmes caractéristiques tant techniques que pour les matériaux.

Lavoir de Chalencon

 

 

Ce lavoir construit en bordure du canal de Crest, vers la rue de Charancon n’existe plus; il a été détruit en 1990. Son ancien emplacement est couvert de broussailles et l’on distingue encore les marches qui permettaient son accès, les barres d’appui et la margelle en pierre. Au nord de ce lavoir existait l’étendoir sur lequel est maintenant construit la Halte-Garderie – étendoir et halte-garderie établis sur l’ancien cimetière Saint Christophe désaffecté en 1885 -.

Les escaliers, vestiges du lavoir de Chalencon