Les pasteurs ayant officié à Aouste

Les Pasteurs officiant à Aouste

 

 

Le Dauphiné est une des régions de France où le protestantisme a laissé des traces profondes. La Drôme avait une tradition de contestation au pouvoir catholique.

De ce fait la Drôme adhère aisément à la Réforme. Dès 1549, la Réforme est prêchée à Valence, à l’église des Cordeliers avec le soutien de l’évêque Jean de Montluc, à Montélimar et Romans

Dans la vallée de la Drôme, pour ce qui la concerne, Aouste était primitivement, au même titre que Eurre, une annexe de Crest. Eurre sera adjointe à Aouste en 1671 avant d’être une église particulière.

Comme pasteurs officiant sur Crest-Aouste-Eurre nous trouvons :

      • Laurent Vidal 1561,
      • Arnaud Casaubon 1562-1568, puis 1570 -1572 (résidant à Eurre),
      • Adrien Chamier I 1593 (à Eurre),
      • Jacques Barbier 1594,
      • Jean de Saignes 1600-1605,
      • De 1605 à 1606 Crest était dépourvue de pasteur
      • David Agard de Chateaudouble (par intérim) 1606,
      • André Guérin 1607-1611,
      • Jacques Crespe 1611,
      • noble Dragon de Choméane 1612-1613,
      • Josué Rossel le fils 1614-1616,
      • Alexandre de Vinay 1617-1622,
      • Jean Petit 1622 (ou 1626)-1630,
      • Alexandre d’Ize ou d’Yze 1635-1642,
      • Ennemond Reynaud 1660-1671,
      • Isaac Sagnol, dit Lacroix, 1680-1683,
      • Charles Gounon 1683

L’église d’Aouste fut longtemps, avec Eurre, une simple annexe de Crest. Dès 1620 elle possédait un temple, et en 1630 le conseil communal lui céda une partie du cimetière commun jusqu’à ce qu’elle fût pourvue d’un autre lieu pour enterrer ses morts. En 1660, elle avait un pasteur en propre Le même conseil ayant émis en 1646 la prétention de faire concourir les protestants à l’entretien de l’instituteur catholique, ces derniers s’y refusèrent, en faisant remarquer que déjà ils supportaient à eux seuls toute la charge de leur régent. Les commissaires exécuteurs de l’édit de Nantes de 1664 se divisèrent sur le maintien du droit d’exercice de l’église d’Aouste ; mais elle put en jouir jusqu’au 17 janvier 1684, alors que le conseil du roi , statuant sur le procès-verbal de partage des commissaires, ordonna la suppression de l’église.

Le 30 mars de la même année 1681, les catholiques d’Aouste, soutenus par quelques cavaliers de la compagnie du capitaine Longpré, se portèrent également de nuit contre le temple, en brisèrent les portes, enlevèrent les bancs, le tapis qui recouvrait la chaire, la Bible et les registres du consistoire et jetèrent le tout dans la Drôme, après avoir démoli une partie ds la muraille de l’édifice. Le marquis de Ruvigny, député général des églises réformées en cour, en porta plainte au roi, qui, prenant sa requête en considération, ordonna, par un arrêt du conseil du 19 mai 1681, que, par les juges du lieu, il serait informé de ces faits et le procès fait et parfait aux coupables, et fit en même temps « très-expresses défenses à toutes personnes de méfaire ni médire contre lesdits de la R. P. R., sur les peines portées par lesdits édits « . Mais ce n’était là qu’une vaine démonstration, à laquelle il ne fut donné aucune suite.

Dès que les protestants eurent appris le triste sort réservé à leur église, ils se mirent en devoir, craignant que leur temple ne fût rasé, d’en descendre la cloche pour la cacher en lieu sûr. Les consuls d’Aouste, qui leur étaient hostiles, les sommèrent sur l’heure d’attendre les ordres de l’intendant avant de disposer de leur cloche, et peu après il leur fut enjoint de la porter à la maison de ville. En 1683, sur ordre de Daniel de Cosnac intriguant évêque de Valence, les temples d’Aouste, Montclar, Vercheny, Bouvière, Saillans sont détruits. L’emplacement du temple, qui avait été adjugé avec les autres biens du consistoire à l’hôpital de Grenoble après la révocation de l’édit de Nantes, fut vendu par ce dernier, le 16 mars 1695 , à un nommé Gaspard, pour le prix de 30 livres. Mais comme l’intendant Bouchu avait, paraît-il, fait don dès 1687, de la part du roi, de cet emplacement aux catholiques pour bâtir une nouvelle église, le conseil communal en réclama la propriété à Gaspard, qui fut sans doute obligé de céder et de perdre ses 30 livres et les constructions qu’il avait déjà élevées sur ledit emplacement. En 1687 Aouste avait 70 familles protestantes et 60 en 1736. Piégros, qui s’y rattachait, en avait 6 à la première date. Cobonne faisait aussi partie de l’église d’Aouste.

Pasteurs :

      • Daniel Chamier le fils en 1659

      • Théodore de La Faye 1660,

      • Abraham Achard 1664 ,

      • Isaac Sagnol dit Lacroix 1664.

      • Faisan 1671-1672,

      • Entre 1672 et 1683 le pasteur de Crest officiait-il ?

      • Ranc Alexandre le père dit Lacombe en 1775

      • entre 1775 et 1883 ?

A la suite de la révocation de l’édit de Nantes (1685), et, à partir de 1715, les pasteurs ont dû quitter la France. Sous l’impulsion d’Antoine Court, un nouveau corps pastoral se constitue progressivement. Les pasteurs du Désert vont exercer leur ministère dans la clandestinité et au risque de leur vie. Les édits successifs de Louis XIV, confirmés par Louis XV dans sa déclaration de mai 1724 , prévoient la peine de mort pour les pasteurs ou prédicants qui tiendraient des assemblées interdites. L’application varie selon les périodes et selon les régions. Des vagues de persécution suivent des périodes de calme relatif. A partir de 1760, une période de tranquillité relative voit croître rapidement le nombre des pasteurs

Le 13 novembre 1833, Aouste est érigée en poste officiel et se voit rattacher Saou, Auriples, Soyans, Chabrillan, Celas, Mirabel et Blacons, Piégros La Clastre, Lambres, Divajeu,  Francillon, Puy st martin comme annexes jusqu’au 18 avril 1846. Le premier titulaire fut P. Servière né à Nimes le 30 mai 1808.

      • Servière Pierre 1834 – 1865
      • Brun Pierre Edouard 1865 – 1867
      • Roux Léon 1867 – 1871
      • Gillouin Emile 1871 -1899
      • Fallot Thomas (Tomy) 1899 – 1904
      • Rambaud Jules 1905
      • Marc Boegner 1905 -1911
      • Roger Chapal 1936 -1946

Depuis 2017, le temple d’Aouste est désaffecté, le village ne possède plus de pasteur en titre, et de ce fait les offices sont assurés par le pasteur de Crest.

 

 

Sources : Histoire des protestants du Dauphiné aux XVIe, XVIIe et XVIIIe siècles…. par Eugène Arnaud