Saillans

Saillans

 

 

Au cœur de la Vallée de la Drôme, Saillans, avec son histoire et sa situation privilégiée, est considérée comme étant la porte d’entrée du Diois, les Préalpes drômoises.

 

 

 

 

 

Saillans et la Cité mystérieuse

Les Voconces, lointains ancêtres des Saillansons

        • De Darentiaca à Salientium

La Voie Royale et la Via Romana

        • Les découvertes archéologiques

Fondation du Prieuré de Saillans

        • Aux alentours de 894

L’église Saint Géraud

Guerre des Episcopaux

Saillans au Moyen Âge

Les remparts

Les Guerres de Religion  avant la révocation de l’Edit de Nantes

La construction des Fontaines 1719 – 1725

        • La guerre des Fontaines

La Sériciculture

L’industrie textile à Saillans

L ‘Industrie textile après la mort de Louis XIV

Notes 

 

Saillans et la cité mystérieuse

Pomptinus (1) donne à ses légionnaires l’ordre de stopper. Ces coteaux couverts de vignes, ce paysage lumineux où l’eau jaillit en abondance, la possibilité d’observer facilement et loin, font de cette campagne un lieu favorable pour établir le camp. D’ici, il pourra observer ce qui se passe, aider de ses conseils et éventuellement, secourir ses lieutenants.

Pomptinus est soucieux, les Allobroges conduits par le chef Catugnatos dont le nom signifie habile au combat et dont les exploits guerriers font ombrage aux romains, ravagent la Province de Gaule-Narbonnaise.

La plupart des Gaulois qui peuplent ces contrées sont entrés dans la coalition ; ils sont nombreux, il a parmi eux les Ségalauniens qui occupent les deux rives du Rhône, les Tricastinii, les Tricorinii et tous les autres, sans compter leur clients, c’est à dire les petites tribues qu’ils tiennent sous leur domination.

Nous sommes ici chez les Vocontii, farouches, fiers, intelligents et durs au combat, qualités qui se retrouveront dans les races futures.

Pomptinus pense à Martius Lentinus qui a dirigé ses troupes vers la ville de Ventia, l’inquiétude l’empêche de trouver le repos.

Pendant ce temps, que se passe t-il ? Martius Lentinus a d’abord semé la terreur chez les habitants de Ventia. Mais ceux des campagnes alentours sont accourus contraignant le stratège romain à s’éloigner des murs. Cependant, Martius Lentinus prendra bientôt sa revanche : les légionnaires embusqués sur la rive gauche de la rivière attendent les confédérés. Quand ceux-ci abordent sur la terre ferme, ils sont attaqués et exterminés

Le même jour, la jonction des troupes romaines se fait, L. Martius et Servius Galba passent le Rhône et arrivent à Solonium qu’ils incendient ; malgré le courage de Catugnat qui s’élance dans les flammes au mépris de sa vie, la ville construite en bois flambe comme une torche.

Quel est le rapport de cette histoire inspirée d’un récit de Dio Cassus avec Saillans ? C’est que l’origine de Saillans a longtemps été considérée comme profondément obscure. Chorier historien du Dauphiné, Frank Artaud, et même le baron Walkenaer dont les écrits faisaient autorité, ont fait de Saillans l’antique Solonium, la ville mystérieuse, qui fut prise par le pro-préteur Pomptinus dans la révolte des Allobroges rapportée par Dio Cassus et Tite Live. C’est à Solonium qu’aurait été édifié le troisième arc de triomphe rappelant la victoire de Marius sur les conjurés alliés aux Teutons, et la mort du roi Teutobochus.

Les deux autres monuments commémoratifs des victoires romaines dans la région étant ceux d’Aix et Orange, bien connus, et ne prêtant à aucune spéculation.

Une seule certitude pour les historiens anciens : Solonium ne pouvait être éloignée de l’actuelle Valence.

Chorier qui voulait absolument faire de Saillans la ville que l’empereur Auguste avait élevée à la dignité de colonie romaine, la ville à la fois historique et légendaire, légendaire par le fait que son emplacement n’avait pas été précisément situé, Chorier note à ce propos qu’il existait à AVGVSTA (Aouste) près de Saillans, sur la rive droite de la Drôme et sur les bords d’un petit ruisseau qui traversait la route, une masse de maçonnerie qu’il considérait comme le reste d’un arc de triomphe rappelant la victoire de Marius sur les Teutons. Cette thèse réfutée par les historiens a été abandonnée et il est communément admis que cette bataille a eu lieu en fait sur les bords de l’Isère. Mais l’histoire de Saillans où les découvertes archéologiques ont été nombreuses quoique fortuites, et dont la terre est probablement riche en vestiges de l’époque romaine, en reste nimbée d’un certain mystère.

Les Voconces, lointains ancêtres des Saillansons.

De Darentiaca à Salientium

Après avoir été vaincus par les Romains, les Vocontii (ou Bocontii) qui faisaient partie de la Confédération Allobrogique, formèrent une grande cité romaine : le VOCONTIUM. Le Vocontium avait deux chefs-lieux : VASIO (Vaison-la-Romaine) et LUCUS (LUC-EN-DIOIS). DEA AUGUSTI (DIE) était la ville religieuse ; la ville consacrée à l’empereur Auguste.

Le Vocontium .engloblait d’après Pline, dix neuf cités. Six seulement pouvaient être définies avec certitude comme antérieures à l’époque romaine : VASIO, CASTUACIA, ALAUNIUM, COMBONIUM, VOGATAE et DARENTIACA (SAILLANS).

C’est dans l’un des bassins que la Drôme traverse ; entre l’étau de deux défilés : Le Détroit à l’Est, le Collet à l’Ouest, et de deux plateaux : au Nord, celui de la Tour, au Sud, celui de la Mure, qu’on découvre Saillans ancienne cité Voconce. Saillans était à l’origine une mutatio (relais) mentionnée pour la première fois dans l’itinéraire de Bordeaux à Jérusalem qui la situe à XII milles d’AVGVSTA (AOUSTE) et XV milles de DEA (DIE).

La mensuration en kilomètres donne une distance légèrement supérieure qui a été expliquée par le fait qu’on remarquait souvent sur les itinéraires romains, une méprise entre les chiffres V et X. Il est probable que DARENTIACA pris une certaine importance ; ce n’est pas sans raison que les Romains l’avaient entourée de remparts, la cité gardait le « Pas de l’Escharenne » et constituait la porte du Diois, elle avait donc même au temps des Romains, une position géographique de premier ordre.

Quant à sa position exacte par rapport au village actuel, le Baron de Walkenaer la plaçait au lieu dit « Les Samarins ». Les historiens anciens pensent qu’elle occupait les deux rives de la Drôme.

De nos jours, le Professeur H. Dessaye a situé l’ancienne mutatio à un kilomètre environ en aval de la commune actuelle où l’on a retrouvé des vestiges gallo-romains. Nous dirons quelques mots du « Pas de Ramanon » dans les pages suivantes.

La Voie Royale et la Via Romana

Les découvertes archéologiques

« Route Royale ». Cette flèche bleu fort discrète que le visiteur arrivant par Crest aperçoit à l’entrée de Saillans, est une invitation à la découverte. Quel prince a passé par là ? Louis XI, dont la passage à Saillans a laissé quelques traces ? Louis XIII qui traversa la cité pendant la peste de 1629 ? Bituitus, le Crésus du Vocontium ? (2). L’explication est évidemment beaucoup plus simple : lors du rattachement du Dauphiné à la couronne de France, les anciennes routes de quelque importance prirent la dénomination de « Route Royale ».

La Route Royale côtoyait l’ancienne voie romaine.

Les Romains conscients de la position stratégique de la cité, construisirent une voie destinée à la relier aux municipes – on appelait ces voies via consulares, proetorice, regice, militares, solennes, etc… ce qui était beaucoup moins pratique, mais beaucoup plus « chantant » que nos numéros actuel, on en conviendra.

Cette voie faisait partie du réseau ouvert au milieu des Alpes Cotiennes pour aller de Rome à Vienne. Elle avait pour point de départ Milan, et passait au Mont-Genèvre, à Briançon, Gap, Veynes, Luc-en-Diois, Saillans, Crest, et de là, se prolongeait sur Montoison et Valence où elle rejoignait la via magna (la grande voie). C’est par cette route royale qui suivait la voie romaine, qu’on arrivait à Aouste, première ville des Vocontiens. Aux environ de 1849, il subsistait encore quelques vestiges de cette voie romaine entre le « Pont des Grands Chenaux », au quartier du Plot, et au Pont de Charsac à Aouste.

La voie royale est fréquemment citée comme lieu de découvertes archéologiques. Des travaux de terrassement ont mis à jour en 1845, une urne en plomb contenant deux lacrymoires en verre, deux boucles d’oreilles en or, une lampe en terre. En 1843, il a été trouvé non loin de Pontaix, un ustrinum (3) recelant plusieurs vases en terre,une coupe en verre de couleur jaune orangé, un miroir en métal et plusieurs lacrymoires.

A quelques kilomètres de Saillans, dans le Domaine du Boudrat, sur la route de Crest, il a été découvert dans la propriété Gustave Roche, une sorte de puits dont les pierres taillées en bossage rappelaient les constructions romaine. Cette bâtisse contenait des cendres, des ossements, des fragments de marbre et de verre. Mais la découverte la plus curieuse et la plus controversée par les archéologues est une amulette de jaspe ornée d’une comète rappelant sans doute celle que la légende veut annonciatrice de la mort de César.

C’est aux Samarins que le Docteur Long découvrit en 1824, une pierre tumulaire rappelant le souvenir du neveu de Constantin, l’infortuné Flavius Delmatius qui fut mis à mort ainsi que son frère Hannibalianus, par leurs cousins germains les fils de Constantin.

Cette pierre portait l’inscription :

DN.                                         AN (otre) M (aître)

FL DELMATIO                  F (lavius) DELMATIUS

NOB                                       Nob (lissime)

CAES                                     CES (ar)

On se souvient que Darentiaca était placée à environ XII milles d’Aouste et XV de Die. Sur ce trajet, on a découvert également une colonne milliaire qui a longtemps servi de support à une croix qui se trouvait à un carrefour (carrefour de la Daraize). (Le nom de Daraize dérive d’ailleurs de Darentiaca).

A. Vincent rapporte (1855) l’inscription gravée dans la pierre, inscription qu’il a pu lire malgré l’état de dégradation du monument :

PIENTISSIMIS                                    AUX EXCELLENTS

PRINCIPIBVS                                      PRINCES

C. VAL. CONSTANT                         G (AIUS) VAL (ERIUS) CONSTANT

TIO. ET C. VAL. MAX                        IUS ET GAIUS VALERIUS MAXS

SIMIANO NO                                        SIMIANUS NOBILISSIMES

BENISSIMIS CAES                             CESARS

ARIBVS                                                     16 MILLE PAS.

M. P. XVI.

Monsieur l’abbé Bourquin qui exerça son ministère à Saillans pendant presque un quart de siècle et s’y occupa activement d’archéologie, nous rapporte qu’il trouva des tuiles romaines, des fragments de vase et une boucle d’oreille. Il a également trouvé des vestiges de sépultures près de l’église Saint-Géraud . Les circonstances de cette découverte ne nous ont pas été précisées. Un Saillansons nous a affirmé avoir vu sous cet édifice « des tombeaux de pierre ».

Enfin, en 1982, des travaux effectués par l’entreprise Gautheron-Granon ont permis la découverte d’une magnifique dalle de marbre de 2,722 m de large sur 1,040 m de haut. Les spécialistes situent la datation aux environs de l’ère chrétienne et pensent qu’il s’agit d’une partie d’un mausolée édifié en l’honneur d’un haut personnage. L’artiste a gravé en lettres monumentales :

A POMPEIOSEX’F                 A AULUS POMPEIUS FRONTO

VOLT FRONTONI                   FILS DE SEXTUS DE LA TRIBU VOLTINIA

VOCONTEI                                LES VOCONCES

Des débris de corniches ont été également trouvés aux alentours.

Qui était Aulus Pompéius ? le fait qu’il soit inscrit dans la tribue des Voltinia, la tribue étant une division géographique romaine, permet de supposer qu’il s’agissait d’un citoyen romain. Mais qu’elle était sa fonction et que fit-il pour « les ancêtres des saillansons ». Etait-il homme de loi, homme de guerre ? Pour l’instant « l’énigme de Saillans » reste entière.

Le lieu de la découverte, le quartier des Chapelins, est situé non loin du « Pas de Romanon » qui était à l’époque romaine le carrefour de deux voies. Il est probable que l’une des voies passait sur une butte située à la traversée d’un ruisseau dit « ruisseau de Saint-Jean  » , sautait le ruisseau en quelque sorte, d’où l’appellation « Pas de Romanon » ou si l’on préfère, gué.

Ces vestiges sont les témoins d’un passé qui sans doute, ne fut pas dénué d’une certaine importance attachée à la situation de relai. Mais cette situation exposait aussi Darentiaca aux dan-gers inhérents à la présence constante de la soldatesque de passage. Fabius Valens de triste mémoire dans l’histoire des Voconces a marqué Darentiaca de son passage. Les historiens rapportent qu’il exigea de la cité une rançon énorme qu’il obtint, mais qu’il n’en fut pas de même à Die où les habitants pour l’apaiser, durent lui livrer leurs épouses et leurs filles (4).

Le monument dédié à Aulus Pompéius

Cet « inconvénient » se renouvellera d’ailleurs aux autres époques de son histoire, en particulier pendant la guerre des épiscopaux, et les guerres entre catholiques et protestants.

Darentiaca eut aussi a subir l’invasion des barbares qui s’introduisirent dans les provinces romaines au Illème siècle, grâce aux divisions qui marquent la fin de l’Empire.

En 440, le général romain Aétius (5), accorde la moitié du pays des Ségalauni (le Valentinois) aux Alains qui s’en approprièrent bientôt la totalité. Le Vocontium fut ensuite rattaché au royaume des Burgondes qui fut soumis par les francs en 534.

Fondation du Prieuré de Saillans

Aux alentours de 894

C’est le seul, avec celui de la ville d’Aspres, fondé par Saint-Géraud lui-même.

Le Prieuré de Saint-Géraud est le berceau de l’actuelle Saillans, la source d’où jaillit la cité moderne. En effet, il est probable que des familles nouvelles sont venues chercher protection autour de ses murs, étendant ainsi « le bourg » dont le premier groupement s’est vraisemblable-ment constitué à l’époque mérovingienne autour d’une chapelle (reconstruite vers le XIIème siècle et baptisée Notre Dame du Bourg).

Du Prieuré lui-même, nous chercherions en vain quelques vestiges ainsi que nous le fîmes lors de notre première visite à Saillans, ignorant tout et son histoire et dans l’impossibilité de trou-ver le moindre renseignement, tout a disparu dans les combats dont la cité fut le théâtre en raison de sa position stratégique, au début de son histoire comme à l’époque des guerres de religion.

Nous sommes dans une des périodes les plus sombres de notre histoire, ce IXème siècle que Daniel Rops a appelé « le bourbier », siècle de désordre et d’anarchie.

Vers l’an 894, sur la route romaine qui va de Crest à Saillans, ou plutôt de Crest à Salliens car le nom de Saillans ne date que de la révolution, un homme dans la plénitude de sa jeunesse, il a 34 ans, s’avance à la tête d’un groupe de cavaliers dont il se distingue par sa haute taille et son exceptionnelle beauté : les yeux d’un bleu profond frappent par une expression de naïveté qui contraste avec le menton volontaire la bouche fine, marquant une certaine dureté, et surtout, le port altier du personnage.

Monseigneur le Comte d’Aurillac car c’est lui, a une réputation de sainteté assortie il est vrai, de celle d’un homme de caractère. Il est vêtu très simplement d’une tunique de laine arrêtée à mi cuisses, d’un manteau jeté au travers d’une épaule et retenu par une agrafe. Ce grand seigneur descendant de Charlemagne, qui compte parmi ses aïeux le grand Constantin, est rompu à toutes les disciplines du corps (6). Il chevauche merveilleusement, chasse, guerroie. Mais c’est aussi un homme d’esprit qui entend et lit le latin, connaît parfaitement les écritures, et l’art de la musique. Toutes choses rares, même chez les nobles, à une époque où les essais de Charles 1er son ancêtre pour enrayer l’analphabétisme sont complètement oubliés.

Son père Gérald, est mort en 879, suivi peu de temps après par son épouse Adeltrude, lui laissant la charge d’un immense domaine et de sa jeune sœur, la belle Avigerne. Ses nombreuses occupations n’empêchent pas Géraud de voyager ; il a franchi les Alpes sept fois pour se rendre à Rome. Les habitants de la contrée le connaissent bien, il fait preuve de la plus grande générosité envers les villageois qui le reçoivent ou aident son escorte à franchir les passages difficiles, il comble de libéralités les monastères situés sur son itinéraire.

Géraud fait halte à Saillans qui ne compte à l’époque q’une cinquantaine d’habitants : quelques chrétiens groupés autour d’une chapelle située près d’une source, « La Font » au confluent, alors plus occidental, du Rieusec et de la Drôme. C’est sur les ruines de cette chapelle que fut édifiée l’église Notre Dame du Bourg au XIIème siècle.

Ainsi qu’ils l’ont déjà fait lors de ses précédents passages, les Saillansons demandent au Comte d’Aurillac de les doter d’un prieuré. Ce jour là, leur vœu est exaucé.

Quelques seigneurs cèdent leur terre, Géraud choisit lui-même l’emplacement : sur les bords de la Drôme (actuelle place du Prieuré). Puis il s’en va, poursuivant son chemin vers l’Italie où il présentera au pape Formose son projet de construction de l’abbaye d’Aurillac.

Ainsi, Géraud d’Aurillac dont la légende dit que l’eau jaillissait sous les sabots de son cheval, que les sources où il baignait ses mains guérissaient les aveugles, posa-t-il la première pierre du prieuré de Saillans dont le nom évoque l’eau.

Les bâtiments claustiques furent protégés comme il se doit, par des murs crénelés, entourés de fossés ; une tour, trois portes protégeaient l’issue. Quelques moines en prirent possession et bientôt de nouvelles familles s’installèrent alentour, profitant des avantages que les us et coutumes de l’époque réservaient aux premiers occupants : liberté, immunité et franchise. Il est probable qu’il y avait parmi ces gens, un certain nombre d’artisans qui se groupèrent sur la rive gauche du Rieusec pour exercer leur activité.

Les terres furent défrichées, l’agriculture prospéra et la culture de la vigne à l’honneur à l’époque romaine, pris un nouveau départ. L’ancien hameau (le bourg), le prieuré à l’est, la nouvelle communauté à l’ouest, constituèrent le fondement de la cité. Par la suite, le prieuré ne cessa de se développer, jusqu’à la guerre des épiscopaux dont l’origine fut un conflit provoqué par la rivalité des comtes de Poitiers et des Évêques de Valence, guerre qui dura deux siècles, et dont la population eut beaucoup à souffrir.

A l’origine, les moines suivaient la règle de Saint-Benoit. Mais peu à peu, la prospérité d’une part, l’arrivée des oblats pour la plupart issus de riches familles et nullement préparés à la vie monastique, entamèrent leur ferveur ; bientôt, ils ne furent plus que de riches propriétaires terriens et se comportèrent comme tels. La situation se détériora à tel point, qu’en 1303, le prieur, Jehan de Sucher, les obligea à revenir à la règle et fit édicter par son supérieur, Pierre Draconnet, un règlement très strict pour les six moines qui vivaient au prieuré.

Sceau de l’Abbaye Saint-Géraud

Certaines fautes entraînaient la mise aux arrêts. Notamment, il est interdit de sortir de la clôture sauf motif grave. Cette sévérité était quand même relative, le prieur avait aussi des devoirs envers ses moines ; qu’on en juge:

« Il devra lui donner du bon pain, provenant du fournage, des saucisses d’espicier et des gallines (poules), du bon poisson de Marseille et du vin pur à dîner » (7)

Lecture de la nouvelle règle fut donnée en « la grande salle haulte du paradis » C’est à dire sur la terrasse, au dessus de la nef de l’église.

En 1561, le prieuré est sécularisé, les bénédictins ne font donc plus partie de son histoire.

A l’avènement de Henri IV, il ne reste presque rien de la fondation du Comte d’Aurillac, la guerre entre catholiques et protestants a emporté jusqu’à la dernière pierre. Une partie des murs et des voûtes de l’église se sont effondrés. Pourtant, l’église Saint-Géraud reconstruite en 1600, demeurera l’unique témoin de cette époque de l’histoire de Saillans.

L’église Saint Géraud

Quelques dates de son histoire : 1600 : travaux de reconstruction. 21 septembre 1704 : Monseigneur Gabriel de Cosnac, évêque de Die consacre l’église restaurée (8). Seconde moitié du XVIIIème siècle : création de l’archiprêtré de Saillans. Le 8 octobre 1919, l’église est classée monument historique.

De l’édifice roman primitif, il reste d’importants vestiges, et les restaurations effectuées aux XVIème et XVIIIème siècles ont respecté les dispositions anciennes en forme de croix latine : nef romane de quatre travées, pilastre très simples, arcs latéraux plein cintre ; pas de chapiteaux, mais des impostes.

La partie méridionale est la plus intéressante, avec son splendide mur presque entièrement du XIIème siècle auquel les bâtiments claustraux étaient accolés.

Dans les murs de la terrasse, sont encastrés des fragments d’entablement provenant d’un édifice romain.

Côté nord, le chevet a été presque entièrement refait, mais on distingue les assises anciennes au dessus de l’absidiole méridionale ; l’absidiole côté nord date de 1867.

A l’intérieur, la porte de l’actuelle sacristie qui date également de 1867, devait s’ouvrir sur le cloître car on peut voir à une hauteur de quelques mètres environ, le cintre d’une porte murée ; il est probable que les moines passaient par là pour se rendre aux matines.

A voir également, à l’intérieur :

– la borne milliaire dont il est question précédemment, à l’entrée du pilier de gauche (bénitier).

– Pierre à entrelacs, encastrée dans le mur à l’angle méridional du transept et de la nef, vestige de l’église primitive.

Guerre des Episcopaux

La guerre entre les Evêques de Die et la famille des Poitiers

Les évêques de Die dont l’histoire trouve ses origines des l’évangélisation du Diois par Saint-Irénée ou par l’un de ses successeurs immédiats, jouissaient d’une puissance temporelle extraordinaire, grâce à la politique de Charlemagne : la reprise par ce prince des anciennes divisions territoriales de l’empereur Théodose (9), fut une des sources les plus sures de leur puissance, car Charlemagne pour faire équilibre au Pouvoir de la Noblesse, fit une large part au Haut Clergé dans l’administration des affaires publiques. Cette puissance devait se heurter à celle de la célèbre famille des Poitiers. Les choses se gâtèrent vraiment quand en 1186, Guillaume de Poitiers pris le titre de Comte du Valentinois.

L’imbrication des territoires de la famille de Poitiers et de Robert Evêque de Die, favorisait les querelles. Le Comte du Valentinois multipliait les raisons de mésentente tant et si bien, que la guerre éclata. Elle devait se poursuivre jusqu’en 1354. De cette période durant laquelle les Saillansons furent continuellement en guerre, deux noms sont particulièrement célèbres : Poitiers et Roussillon.

Amédée de Roussillon nommé évêque de Die en 1276, par Grégoire X, gagna rapidement la confiance des seigneurs de la région. Fort de sa renommée, il chercha querelle à Aymar de Poitiers à propos d’une forteresse située au sud de Bourdeaux (10). Cette querelle se termina en bataille qui pris fin sur la médiation du Duc de Bourgogne ; ce dernier partagea le fief entre les deux adversaires.

Le 25 septembre 1275, le pape Grégoire X avait réunit les deux diocèses de Valence et de Die, et Amédée de Roussillon entrepris de faciliter les communications entre les deux villes épiscopales. Saillans fut alors l’objet d’une surenchère entre le belliqueux évêque et Aymar de Poitiers :  » Le Pas de l’Echarenne » situé au dessus de Saillans, constituait un étroit défilé où la Drôme avait creusé son lit, et qu’on ne pouvait franchir que par escalade ; la descente par l’autre côté n’était pas moins périlleuse.Ce point stratégique intéressait tout le monde. Ayant appris que Aymar de Poitiers s’était concédé les habitants de Saillans en 1227 en les exemptant des droits de péage qu’il percevait en sa qualité de Seigneur de Quint et de Pontaix, Amédée tira profit du renseignement. Sans doute fit-il mieux que son rival, quoi qu’il en soit, il s’attacha les habitants, le prieur Aymar, détenteur de l’autorité spirituelle et temporelle et entama avec le supérieur hiérarchique de ce dernier, l’abbé du Monastère de Saint-Géraud d’Aurillac, des négociations qui eurent pour effet de faire de Saillans un fief du diocèse de Die.

En 1276, « le bon Amédée » comble les Saillansons de privilèges, il leur donne notamment, le droit d’user des forêts, et pâturages dont il est possesseur dans les territoires de Vérone et de Mirabel. Il concède au Prieur Aymar la haute et moyenne juridiction et s’engage à ne point signer de paix s’il n’obtient le remboursement des dommages causés par la guerre à la cité de Saillans. Mais comme il fallait bien qu’il se dédommagea soi même de tant de bienfaits, il entraîna les Saillansons dans une nouvelle bataille ; cette fois, contre un des membres de l’illustre famille des Arnauds, fondateurs de la ville de Crest vers l’an 900, et Aymar IV de Poitiers.

Au cours de cette nouvelle guerre qui éclata en juin 1277, Saillans fut prise par Guigues de Bérenger (11) et livrée au pillage.

Après avoir gagné à sa cause, « Dieu seul sait comment », Géraud de Montélimar allié de son adversaire, Amédée fit le siège de Saillans et repris la citée. Ces sanglantes « disputes » se poursuivirent jusqu’à l’avènement de Jean de Genève, en 1280, après la mort peu glorieuse d’Amédée emporté par une mauvaise fièvre.

Jean de Genève pactisa avec le Comte de Poitiers jusqu’au point d’en faire son beau-frère. Cette alliance mis fin pour un temps au malheur des Saillansons.

En 1297, le nom de Roussillon réapparaît, avec l’installation sur le irone épiscopal de Guillaume de Roussillon qui succède à Jean de Genève et une nouvelle guerre éclate entre Guillaume et Aymar de Poitiers.

Le nouveau prieur de Saillans est Ponce du Cheylard, homme remarquable, qui n’hésita à abandonner la sécurité du cloître pour se « jeter dans la mêlée ». Il s’institua gouverneur de Saillans, d’Espenel, et de Chastel Amaud, et « se dévoua au bien de la cité, tant qué dura cette période trouble ».

En 1305 (nous verrons plus loin la charte de 1300), il réclama à Guillaume de Roussillon, 500 livres d’argent pour dédommagement des destructions subies par Saillans pendant les guerres avec Aymar de Poitiers. Les caisses de l’évêché étaient vidées par les frais de guerre, mais de Cheylard obtint des promesses, et pour lui, une pension de 50 livres, de plus, on lui conféra pour lui et ses successeurs, le titre d’un office important attaché au chapitre des églises de Valence et de Die.

Mais comme nous l’avons vu, les Saillansons avaient pris des engagements avec Jean de Genève, à cause de cela, les évêques de Die considéraient un peu Saillans comme leur fief. D’autre part, le prieuré de Saillans dépendant de l’Abbaye d’Aurillac, Guillaume de Roussillon et l’abbé d’Aurillac, Pierre Draconnet, craignant des difficultés avec Ponce du Cheylard, se mirent d’accord pour parer à cet état de chose. L’acte qui scella « le complot » eut pour effet de priver le prieur de ses plus importantes prérogatives. Cependant, le traité contenait une clause en faveur des libertés et franchises de Saillans, que fut observée.

A partir de ce moment, les pouvoirs des abbés d’Aurillac fut remplacé par celui des évêques de Die, il en fut de même des armoiries. Une période de paix commença sous la houlette de Guillaume de Roussillon.

La Charte de 1300

Le 23 Août de l’an 1300, Guillaume de Roussillon reconnaît dans une charte désormais célèbre « les franchises » de la cité. Cette charte est complétée par un deuxième document le 19 avril 1328. Le document de 1328, confère aux habitants de Saillans les mêmes droits de franchises qu’à ceux de la ville de Die, en reconnaissance des services rendus. En effet, Aymar de Poitiers avait engagé une nouvelle guerre contre l’évêque de Die ; non seulement il fut battu par les gens de Die et de Saillans, mais il fut fait prisonnier. Cette charte qui doit se trouver encore dans les archives de la commune, ne comportait pas moins de 90 parchemins. Elle fut traduite dans son intégralité par le latiniste l’abbé Chevalier, pour le pasteur André Mailhet. La charte servit de « code civil » à la commune pendant près de trois siècles.

Charte de 1300

Fragments de la Charte de 1300 extraits de l’ouvrage d’André Malhet « Histoire de Saillans ».

Guillaume de Roussillon, par la permission divine, évêque de Valence et de Die, à tous les hommes fidèles en Christ !

Comme nous considérons la fidélité et l’affection que les habitants de la ville et du camp de Saliens nous ont toujours montrées, ainsi qu’à nos églises de Valence et de Die, et, d’autre part, comme nous voyons qu’ils sont continuellement molestés par les ennemis de nos églises, et que leur ville est précisément située au milieu des adversaires de nos paroisses…

1° Nous leur reconnaissons et maintenons les privilèges dont ils ont joui de tout temps et qui sont ceux qui suivent :

2° Le créancier ne sera obligé de produire un écrit que pour la revendication d’une dette supérieure à 60 sols viennois ;

3° Le juge de l’évêque ne pourra poursuivre personne en justice, sans que le coupable ait été dénoncé, et qu’il y ait quelqu’un pour soutenir l’accusation. On excepte toutefois l’homicide, le vol et le rapt ;

4° L’évêque ne peut établir par lui-même, ou par ses officiers, aucun impôt.

5° II ne peut exiger des habitants qu’ils fournissent le logement à ses gens ;

6° Quand l’évêque est en voyage, on ne peut demander aux habitants un logement et des vivres que contre paiement ;

7° Les habitants de Saliens peuvent, de leur autorité privée, arrêter et constituer prison-nier le débiteur insolvable étranger à la localité ; mais, s’il donne des garanties et promet de comparaître en justice, on devra le mettre en liberté ;

8° Quand l’utilité publique demandera qu’on lève une taille, les syndics commenceront par prêter serment, et prendront l’engagement de ne consulter que leur conscience, dans la répartition de l’impôt ; on établira ce dernier sur la valeur des biens patrimoniaux ;

9° Les objets achetés de bonne foi au marché public, ne seront point sujets à répétition ;

10° Les dépôts seront inviolablement respectés ;

11° Celui qui voudra quitter le territoire de Saliens pourra librement vendre ses biens en payant les droits de lods ou de mutation ;

12° Tout habitant, parvenu à l’âge de puberté, peut librement faire son testament. Il lui est permis de disposer de ses biens, mais, s’il a des ascendants, il devra leur laisser une part convenable qui ne dénote point chez lui de l’ingratitude ;

13° La succession de celui qui meurt sans testament sera recueillie par le parent le plus rap-proché, dans l’arbre généalogique de sa famille ;

14° Si l’évêque convoque les habitants de Saliens à quelque chevauchée, ce sera à ses frais ;

15° Les habitants, à tour de rôle, devront faire le guet (12). Ils pourront être requis pour des patrouilles ; celui qui manquera sera remplacé d’office et à ses frais ;

16° Les habitants pourront nommer les syndics, et nous nous engageons à reconnaître leur autorité, pourvu qu’ils soient capables ;

17° Nous déclarons de jamais imposer de peines et d’amendes, sans qu’il y ait eu débat contradictoire et jugement ;

18° Les habitants pourront faire moudre leur blé où bon leur semblera, même en dehors du territoire de Saliens ;

19° Si nous avons, pour une cause personnelle, à poursuivre en justice un des ses habitants, le juge de la ville devra s’adjoindre un homme probe de la localité, et à eux deux ils jugeront l’affaire ;

20° Les habitants peuvent hypothéquer leurs biens, mais il leur est défendu d’emprunter quoi que ce soit à Aymar de Poitiers et à ses gens ;

21° Ils peuvent affermer leurs terres et les donner à mi-fruit ;

22° Il leur est permis d’échanger une terre contre une autre, sans payer aucun droit de mutation ;

23° Le châtelain (fermier), le juge et les autres officiers de l’évêque, devront prêter serment, à leur entrée en charge ;

24° Toutes les libertés anciennes du bourg, notamment celles accordées par feu Géraud, abbé d’Aurillac, et par Amédée de Roussillon, sont confirmées.

(Donné à Aouste, à la demande de Jean Passamare et Arnaud du Four, syndics de Saliens. – Témoins : Etienne de Gervanne, curé de Saint-Jean-d’Aubenas (son) ; Humbert de Mirabel, clerc ; Jarenton de Mirabel et Ruffon d’Albon, damoiseaux, et Pierre, clerc et notaire public).

Saillans au Moyen Âge

Les réalisations

Au Moyen Age, Saillans est sous un régime communal, s’apparentant à celui des municipes romains. Les Saillansons sont responsables de leur administration ; ils ont leur propre législation (chartes) et s’ils acceptent la suzeraineté des évêques de Die et leur paient redevances et dîmes, ces derniers respectent les chartes. Chaque évêque qui montait sur le trône épiscopal, en faisait solennellement le serment en l’église Sainte-Marie du Bourg qui était située place de la Daraize.

Dans ce climat d’ordre et de paix qui succédait à la période troublée de la guerre des épiscopaux, les réalisations « sociales » furent nombreuses :

Les moulins

En 1435, Ponce Richaud, François Fauchier, Antoine de Purpain, notables, prêtent 60 florins d’or aux Saillansons, pour bâtir des moulins. Les travaux furent rapidement menés à bien, et les moulins donnés à ferme au plus offrant. La commune se procura par ce moyen, de substantiel revenus qui servaient au paiement de l’impôt du a l’évêque et au Roi.

Les moulins furent emportés par une crue de la Drôme en 1740. Cette catastrophe économique n’abattit par le courage de nos Saillansons qui en reconstruisent aussitôt de nouveaux situés plus en hauteur dans les jardins de l’usine. Les nouveaux moulins furent achevés en 1746. Primitivement, le plus important se situait à l’emplacement de l’ancienne poste (actuellement à gauche en bas de la rue Portail du Moulin), le deuxième aux Sammarins au bord d’une propriété appartenant à la famille Fogglizo. Enfin il en existait un autre plus petit au lieu-dit la Bourque, près du Rieusec, qui ne fonctionnait que lorsque le ruisseau fournissait suffisamment d’eau pour le faire tourner. En 1939, il subsistait dit-on, un moulin à proximité de l’usine de-soie.

En 1747, on installa un poids public à la porte des moulins. Il était interdit de peser ailleurs sous peine de trois livres d’amende ; cette obligation fit l’objet d’un arrêté royal.

Le four banal (13)

Le prieur de Saillans possédait un four qu’il mis à la disposition des habitants. Les Saillansons payaient ce service au fermier du prieur, lequel fermier avait sous ses ordres, un fournier et deux domestiques.

Le paiement se faisait en nature : une quantité de pâte proportionnelle à la quantité de farine employée, une « poignée fermée » pour un sétier. Une demi poignée fermée pour un demi sétier (émine). Les ménagères avaient l’autorisation de faire des brassados (14) avec les raclures prélevées tout autour du four. Le dimanche, les indigents de la commune qui se présentaient à la porte, recevaient gratuitement un morceau de pain.

Ce « commerce » demeura fort honnête pendant un certain temps, mais bientôt, le fournier s’avisa qu’il y avait là moyen de s’enrichir, et demanda deux poignées par sétier, « et même deux par émine ». Les habitants essayèrent bien de se révolter, mais en vains.

Dans les années qui suivirent la mort de Louis XIV, l’industrie de la soie ayant pris un nouvel essor, on pris l’habitude d’étouffer les chrysalides des cocons au four communal. Le tarif étant de 1 sol par 25 livres et la quantité apportée par les éleveurs fort importantes ; « 800 à 1000 quintaux, la fortune du fournier s’accrut encore. Ce que voyant, le prieur exigea une redevance de son fournier. Bien entendu, les Saillansons en supportaient la charge, mais non sans déplaisir. Excédés ils citèrent le prieur (Paul de Sautereau) et son fermier devant le Parlement de Grenoble. Paul de Sautereau demande la médiation de l’évêque de Die qui fut acceptée par les habitants. Un accord intervint : les Saillansons payèrent désormais la cuisson à la cote de 1 / 28ème d’après la mesure. Le système de la poignée fut supprimé, mais non la coutume de donner le pain aux pauvres, qui demeure jusqu’en 1793.

Foires et marché

Guillaume de Roussillon avait déjà accordé à Saillans l’autorisation de tenir deux foires et un marché. Les foires avaient lieu le premier jour des Rogations et le jour de la fête de Saint-Géraud (le 13 octobre), les marchés, les lundis de chaque semaine. Ces manifestations étaient affranchies de tout droit de vente. En outre, les Saillansons pouvaient se rendre aux marchés de Valence, Die et Châtillon sans payer ni leyde, ni péage. Cette faveur constituait la récompense d’un prêt consenti par Saillans à son évêque pour acheter la baronnie de Châtillon.

Le 20 janvier 1448, Louis de Poitiers institue une autre foire qui a lieu le jour de la Saint-Jacques et de la Saint-Philippe, et un marché qui a lieu le jeudi de chaque semaine. Cette fois encore, il s’agit de récompenser le parti pris par Saillans dans les intérêts de Guillaume de la Voûte, l’un de ses prédécesseurs. Ces foires et marchés étaient également affranchis de tous droits.

En 1598, au mois d’octobre, Charles de la Tour, Seigneur de Gouvernet, Suzerain de Saillans, sollicité du Roi Henri IV, la permission de tenir foire le 1er septembre de chaque année. La faveur fut accordée, mais cette foire n’eut guère de succès. Quant au marché du jeudi, il cessa au moment des guerres de religion.

La peste de 1629 mis fin à cette activité commerciale.

Le 21 mai 1725, les Saillansons par l’intermédiaire du premier secrétaire du Garde des Sceaux, présentèrent une requête au Roi demandant le rétablissement des marchés. Au mois d’août de la même année, non seulement l’autorisation de tenir marché était donnée, mais égale-ment, celle de construire une halle avec étaux et boutiques. La commune eût le privilège de perce-voir un sol par sétier de grains vendu.

La construction de la halle aux grains fut achevée en avril 1726. Elle s’élevait au milieu de la place du Fossé et se composait de six piliers soutenant un toit massif ; sa construction avait coûté 700 livres. La halle aux grains fut un facteur de prospérité pour Saillans, mais la guerre de succession d’Autriche et celle de sept ans, pendant lesquelles Saillans joua une fois encore le rôle de lieu d’étape, eurent un effet désastreux sur l’économie locale et même régionale. A la satisfaction des communes alentour, un nouveau bâtiment fut édifié en 1786.

La Maladrerie

La Maladrerie de Saint Maurice était située en dehors de la cité (actuel quartier de la Maladrerie) ; elle était dirigée par des religieux.

C’est le châtelain qui déclarait le lépreux « indésirable » et en informait les moines qui venaient le chercher vêtus du surplis et de l’étole. Le malheureux était d’abord conduit à l’église pour y entendre la messe des morts, après quoi il était transporté à la maladrerie d’où il ne devait sortir que muni d’une crécelle et revêtu d’un « costume » indiquant sa condition. Cet uniforme de misère se composait d’un chapeau écarlate et d’un manteau gris. Comme les malades n’étaient pas admis à l’église, il y avait à côté de la maladrerie, une chapelle dont il ne reste bien entendu aucun vestige.

La Maison de l’Aumone

Saillans avait également son « hôpital » qui était situé sur la place de l’église. On y recevait les pauvres et les infirmes. La Maison de l’Aumone était dirigée par un recteur et tirait ses revenus de legs. La commune donnait la vingt-quatrième partie des grains récoltés et de la production du vin ; le bénéfice réalisé sur la vente du vin était utilisé pour l’approvisionnement en pain des pensionnaires.

Cette période de relative prospérité et de calme devait prendre fin avec les guerres de religion.

Les remparts

Au XIIème siècle, la cité nouvelle est implantée au sud et à l’est de la voie romaine. Mais bientôt les remparts poussent plus au nord en direction de la Drôme. A cette époque, la rue principale est la rue de Bonne qui joignait deux portes dont les claveaux des arcatures sont encore visibles. Cette rue de Bonne abritait d’ailleurs les écuries de Louis XI qui avait choisi Saillans comme relais de chasse quand il venait dans la forêt de Quint. D’après une très vieille histoire connue de tous les Saillansons, un Richaud et un Bouillane, bûcherons de la Vallée de Quint, ont sauvé la vie du Dauphin Louis XI, en tuant à coups de hache, un ours qui attaquait ce seigneur dans la forêt d’Ambel. C’est en souvenir de ce fait que leurs descendants portent dans leurs armoiries une patte d’ours. Ces deux familles étaient très anciennement établies dans la vallée de Quint. « Le Cartulaire de Léoncel page 141, mentionne Humbert de Bouillane à la date de 1245, et le recueil d’hommages relatif au Valentinois qualifie de nobles plusieurs membres de cette famille (15).

Vers la fin du XIIème siècle, le périmètre des remparts correspond à peu près à celui délimité actuellement par les rues Raoul Lambert et Dr. Hilaire à l’ouest, la rue Barnave au sud, la rue de la Paix et celle allant au magasin Casino à la rue Archinard à l’est, au nord, par cette dernière rue.

Au XIIIème siècle, les remparts ceinturent la cité tandis que le bourg, selon sa propre volonté reste en dehors des murs. Entre le XVème et le XVIIème siècle, la ceinture de pierre atteint le Rieusec dont elle suit le cours, enserre le bourg, le prieuré, se prolonge jusqu’à la Drôme.

On y perce de nouvelles portes : Porte du Port, Porte Neuve, Porte de Rieusec. Chacune des portes est protégée par une tour : Tour du Corporal pour la porte du Pont, Tour de Beauchastel pour celle du Rieusec, Tour de Mayor pour la Soubeyrane.

A l’intérieur, restent encore les anciens remparts avec leurs tours. Les anciens chemins de ronde se sont transformés en ruelles qui existent encore : rue du Four, rue Portail du Moulin, rue Neuve. Ces rues délimitent les quartiers : quartier de l’Hôpital, quartier d’ En Haut, quartier d’En Bas. (Les vieux Saillansons parlent encore du « Prieuré d’ En Haut », « Prieuré d’ En Bas »)

Au XVème siècle, de nombreux notables ont leur demeure à Saillans : Jean de Vercors au quartier de l’Aumone, l’Abbé de Valcroissant au bourg, Guillaume, bâtard des Poitiers, Seigneur de Chastel Arnaud, Louis de Lers, Seigneur d’Aubenasson… L’évêque de Die possédait une tourelle en dehors des remparts et une maison au quartier de l’Aumone où il était le plus proche voisin de Jean de Vercors.

En 1580, le Duc de Mayenne promulgua un décret ordonnant la destruction de toutes les places fortes du Diois et du Valentinois. Les murailles de Saillans sont abattues. Ce n’est qu’en 1652, que la cité retrouve un petit système fortifié, destiné à protéger des bandes armées qui mettaient la région au pillage.

Cependant en 1833, des vestiges de fortifications subsistaient, puisque le 4 juin de cette même année, le conseil municipal vote la somme de mille francs pour concourir aux frais de démolition d’une partie qui, dit le rapport « retrécit de manière fâcheuse la voie publique le long de la route royale » (16).

Les Guerres de Religion

Avant la révocation de l’Edit de Nantes

blason de Lesdiguières trouvé au quartier de la Daraize

Les guerres de Religion

Comme dans le reste du pays, les guerres de religion en Dauphiné furent déclenchées par le massacre de 60 protestants par les hommes du Duc de Guise, à Wassy, le 1er mars 1562. Elles commencèrent par une première période qui s’étend sur deux années, 1562-1563.

C’est dans cette période que les huguenots dauphinois se regroupèrent autour du fameux Baron des Adrets, célèbre autant par son courage que par sa cruauté. Il fut désavoué par son propre parti à cause de ses exactions et de sa personnalité « difficile », non sans avoir auparavant infligé aux catholiques de terribles défaites. François de Beaumont Baron des Adrets ulcéré par ce désaveu revint à la religion qu’il avait abjurée en 1562, et se mit au service des troupes royales.

Saillans ne pris aucune part à cette première civile que l’édit du 19 mars 1563 (Edit d’Amboise) suspendit.

L’édit qui accordait une relative liberté du culte aux huguenots (dans une ville seulement par bailliage et dans les maisons des nobles) fut donc suivi d’une période d’accalmie qui n’était en fait qu’une période préparatoire aux événements qui allaient semer le désordre et la ruine en Dauphiné et en ce qui concerne Saillans en particulier, amener la destruction des principaux vestiges du passé.

Malgré le traité de Longjumeau, le 20 mars 1568, que le peuple appela « la paix fourrée » la guerre qui en fait n’avait jamais cessé complètement, entra dans une phase de recrudescence.

Montbrun rallia l’ensemble des troupes protestantes regroupées en Guyenne autour de l’Amiral de Coligny, du Prince de Condé et du Roi de Navarre. Mais après les défaites de Jarnac et Moncontour (1569), il résolu de rentrer en Dauphiné où une guerre de partisans lui offrait plus de chance. Il se mit en route le 14 octobre, et commença à travers l’Angoumois, le Périgord, l’Auvergne, une longue retraite émaillée de batailles avec les catholiques lancés à sa poursuite. Il réussit enfin à s’ouvrir un passage à travers les Cévennes, et par Aubenas et Privas, pu gagner Le Pouzin occupé par les protestants.

Ayant fait la jonction avec les troupes de Mirabel, les deux armées réunies font un effectif d’environ 2000 hommes et 600 chevaux, il passe le Rhône le 28 mars 1572, 4 jours après le massacre de la Saint-Barthélémy auquel le Dauphiné ne pris aucune part grâce au Baron de Gordes qui persuada le Parlement de Grenoble de surseoir aux ordres de Charles IX, prétextant qu’ils n’étaient pas clairement exprimés.

Après la terrible journée du 24 août, les protestants semblent hors de combat. Montbrun ranime leur courage et prend la direction de nouvelles opérations. Il envahit Gap, s’empare de Serres, d’ Orcières, de La Roche des Arnaud, de Veynes, plus il se dirige dans le Trièves où plusieurs villes, notamment Le Monestier et Vif tombent entre ses mains et de là, vers Les Baronnies où il reprend Sahune. Revenant sur ses pas, il assiège et emporte : Condorcet, Nyons, Vinsobres, Poët-Laval, Le Poët-Célard, et quelques autres places.

Il se dirige ensuite vers Crest et attaque la ville avec une partie de son armée, tandis que Claude de Mirabel et Mary de Comps sont dirigés sur Saillans alors occupé par les catholiques.

Siège de Saillans (Mai 1573)

Claude de Mirabel dispose ses machines de guerre devant la porte du Riosec, puis dépêche un émissaire pour intimer aux Saillansons l’ordre de se rendre. Ces derniers convaincus de infaillibilité de leurs remparts répondent par un refus. Mirabel fait alors donner l’artillerie, ouvrant une large brèche dans la seconde tour de Vérone jusqu’à la porte.

Cernés par l’incendie, attaqués de toutes parts, les Saillansons se battent courageusement et envoient un messager au Baron de Gordes pour l’informer de la situation. Ils sont finalement contraints d’abandonner la place, vaincus par le nombre et les moyens militaires de l’ennemi.

Ils viennent à peine de quitter la ville que les troupes de renfort commandées par Menon de Gessans arrivent. Ce capitaine comprend immédiatement la gravité de la situation : les ruines encore fumantes, les morts et les blessés innombrables jonchant le sol, attestent de la rigueur du combat. De Gessan engage néanmoins la bataille et libère la cité.

Quelques mois après, Saillans retomba aux mains des protestants qui ne réparèrent pas la brèche dans l’éventualité où la ville serait reprise par les catholiques et utilisée comme place forte. En effet, les villes changeaient rapidement de main, il n’était pas rare comme nous venons de le voir, que l’un des clans ne l’occupa que 24 heures.

Comment les catholiques ne fermèrent point la brèche de Saillans

Quelques mois après le siège de mai 1573, Espenel et Aouste capitulèrent devant les huguenots. Le roi (Charte IX) proposa à Montbrun un traité que ce dernier refusa. Pour donner sans doute plus de poids à son refus, « l’insolent capitaine » s’empara du Château de Grâne propriété personnelle du Baron de Gordes. Le roi leva alors contre l’irascible seigneur, une armée commandée par le Duc de Montpensier, Dauphin d’Auvergne. Cette armée de 7000 fantassins et 1200 cavaliers, atteignit la Province du Dauphiné au mois de mai 1574. Elle prit d’abord Pont-en-Royans, s’empara de quelques autres places et parvint à Grâne où elle sema la terreur. Aouste et Allex subirent le même sort que Pont-en-Royans. Par contre Livron offrit une résistance farouche qui découragea le Duc au point de lui faire reprendre le chemin de Lyon.

Peu avant son départ, vraisemblablement vers la fin juin (le siège de Livron avait eu lieu le 30 juin), il fut contacté par un habitant de Saillans nommé Jean de Vercors qui sollicita l’autorisation de réparer la fameuse brèche, dans le but de faire de Saillans une place forte capable de résister aux attaques des huguenots. La permission fut accordée.

Aussitôt, Jean de Vercors se rend à Crest pour chercher de l’aide auprès de quelques seigneurs faisant partie de la garnison. On tombe d’accord sur la nécessité d’aller examiner le chantier sur place et nos gentilshommes devenus maître d’œuvre pour la circonstance, s’en vont à bride abattue faire le tour des remparts qu’ils examinent ostensiblement.

Cette sortie éveille les soupçons des huguenots qui à leur tour s’en vont chercher secours et assistance chez leurs frères d’Espenel et de Pontaix. On s’arme de pioches, pics, et autres outils et on parachève consciencieusement le travail commencé par Claude de Mirabel. Après quoi, Antoine Gay Gouverneur d’Espenel et poète à ses heures, s’en va composer une chanson :

« Pas ne fermèrent les bresches de Salhans

les catholiques, car plusieurs de nos gens

S’y acheminèrent, et si belle ouverture y firent lors, que clef aussi serrure

On y verra de deux jours claveler. » 

Comment Montbrun gâta définitivement ses rapports avec la Royauté

Saillans la dernière cité qui le vit passer en vainqueur

Le 20 mai 1574, Charles IX meurt. Henri III de Pologne est appelé à la succession au trône de France. Il se met en route.

Il arrive en Dauphiné en 1575, accueilli par la Noblesse qui dépose à ses pieds hommages et présents. Mais la réception n’est pas la même partout et Montbrun honore le roi à sa façon : au Pont de Beauvoisin, il tombe sur l’arrière garde de la suite royale et s’empare de la garde robes et de la « parfumerie » de Henri III. Le roi lui ayant écrit pour se plaindre, il eut cette réplique :

« Au jeu comme à la guerre, tous les hommes sont égaux ». « Quoy ! le Roy m’escrit comme roy et comme si je debvois le reconnoistre ? » (17) « Mais en tems de guerre qu’on ha le bras armé et le cul sur la selle tout le mônde est com-paignon. « 

Le Roi devait se souvenir de ces propos injurieux.

Il continua son voyage, mais arrivé à Lyon, il réunit le Conseil et décida de continuer la guerre. Pendant ce temps, Livron était investi par les protestants.

L’embuscade de Saillans

Pendant qu’à Livron on se battait, les catholiques s’étaient rendus maître d’Aouste, Mirabel, et Crest. Il y avait à Aouste dix « enseignes » de suisses et 4000 italiens. Une épidémie de typhus se déclara parmi les mercenaires et bientôt les vivres manquèrent. Pressés par la faim, les hommes sortaient dans la campagne environnante à la recherche de vivres et tombaient régulièrement dans les embuscades.

Un jour de novembre 1574, un détachement sortit pour se ravitailler. Arrivés à quelques kilomètres de Saillans, les hommes aperçoivent une vigne, ne se sachant pas observés, ils s’installent et commencent à manger. Au beau milieu de leur repas, ils sont attaqués par les hommes des Capitaines Cadet et Champs envoyés par Antoine de Gay. Les malheureux sont taillés en pièce. Trois rescapés tentent de fuir, ils sont fait prisonniers et échangés contre le Capitaine de Coursange retenu prisonnier à Mirabel par les catholiques.

Le rendez-vous de Saillans – Dernière bataille de Montbrun.

L’hiver fut l’occasion d’une trêve, mais au printemps, les hostilités reprirent.

Au pont d’Oneille, les régiments suisses du Baron de Gordes furent presque entièrement anéantis. Il n’y eût de survivants que grâce à l’intervention du chef huguenot qui empêcha ses hommes d’achever le massacre. Les chroniqueurs rapportent qu’un capitaine suisse s’écria : « César, François 1er et Montbrun on défait notre nation ! »

Après cette victoire Montbrun se dirigea sur Livron. Son dessein était d’observer le mouvement des troupes catholiques envoyées au secours du Baron de Gordes et de se rendre à Saillans où il avait donné rendez-vous chez Lesdiguières pour y tenir conseil.

On délibéra pour choisir un plan de bataille. Il y avait là, outre Montbrun et Lesdiguières, les représentants les plus distingués de la cause protestante : les seigneurs de Blacons, Mirabel, Morges, Cugie, Comps, Vercoiran, Champoléon, Bar. La réunion était très animée, les avis partagés sur la stratégie à suivre. Lesdiguières semblant pressentir le malheur qui allait se produire, tentait de persuader Montbrun d’aller attendre les catholiques dans le défilé de Saillans. Mont-brun lui aurait répliqué « Où est le courage Monsieur de Lesdiguières ! »

La discussion fut interrompue par l’arrivée d’un message : d’ Ourches avait décidé de ne pas suivre la vallée de la Drôme, mais de remonter la vallée de la Gervanne et atteindre Die par Beaufort et Quint. On partit donc à la rencontre des catholiques.

A la hauteur de Mirabel bâti sur un coteau et constituant un excellent poste d’observation, Montbrun donne à ses hommes l’ordre de s’arrêter.

On s’embusque au détour d’un chemin et on attend le passage d’Ourches qui ne se doute de rien. Montbrun et Lesdiguières fondent littéralement sur l’arrière garde. Trois compagnies de « gens de pied » et soixante corses restent sur le terrain.

Bientôt, la situation se retourne complètement : croyant la bataille gagnée, les huguenots se débandent poursuivant les forces royales dans le plus grand désordre, se livrant au pillage.

L’arrière garde d’Ourches revient sur ses pas et essaie de couper la retraite par le pont de Blacons. Montbrun qui observe la scène du haut d’un col, se porte au secours des siens à la tête de 300 gendarmes et de 300 vétérans ralliés. Mais la cavalerie royale effectue une manœuvre d’encerclement. Le piège va se refermer. Cependant, les huguenots réussissent une trouée et s’enfuient en direction de Saillans. Montbrun resté seul avec un petit groupe couvre la retraite par le pont de Blacons. C’est en franchissant au tripe galop le canal du moulin d’Aouste que son cheval rate l’obstacle et s’abat sur lui, lui brisant la cuisse. Aussitôt, les catholiques l’entourent, il est fait prisonnier avec trente huit de ses officiers et conduit à Crest tandis que Lesdiguières plus heureux, gagne Saillans avec les fuyards.

Henri III tenait sa vengeance. La nouvelle de la capture fut apportée au roi par un gentilhomme provençal, Monsieur de Beire qui était présent à la bataille : « Le roy l’en gratifia et en fut très ayse, et dit :  » je savais bien qu’il s’en repentirait, et en mourra ; et verra bien à cette heure s’il est mon compagnon  » ; et soudain  » manda à la cour de Grenoble de lui faire son procès « . (18)

Ce grand capitaine fut transféré à Grenoble le 29 juillet 1575. Condamné à avoir la tête tranchée, il fut conduit au martyre le 12 août de la même année.

Saillans fut donc la dernière ville où il s’arrêta en vainqueur.

Le Duc de Lesdiguières, un des meilleurs éléments de l’Etat Major, pris la succession de Montbrun. Cette nomination souleva d’ailleurs quelques problèmes ; Lesdiguières étant jugé trop jeune et insuffisamment titré par certains, une scission se fit chez les huguenots : ceux du Haut-Dauphiné favorable à cette succession, ceux du Valentinois, des Baronnies, du Diois, contre. Saillans appartenant au Diois, se rangea du côté « des désunis » comme on les appelait alors.

L’arrivée de Charles de Lorraine qui s’empara du « boulevard de la Réforme » (19) ramena l’union ou du moins, détourna les huguenots de cette querelle politique. La guerre repris, ou plutôt continua.

L’Edit de Chastenay n’empêcha pas les hostilités de se poursuivre. Catherine de Médicis vint alors en Dauphiné présider une conférence entre protestants et catholiques ; conférence qui donna lieu à la signature du Traité de Clermont. Cet « armistice » ne ramena la paix que pendant une courte période. Le peuple qui se plaignait d’être écrasé d’impôts destinés à payer les dépenses de guerre, se souleva (Ligue des Vilains). Cette révolte amena une fois de plus la désolation dans notre contrée.

Le Duc de Mayenne (Charles de Lorraine) infligea plusieurs défaites aux protestants qui finirent par déposer les armes. Dans les conditions imposées par le roi, figurait la démolition de 32 places fortes parmi lesquelles Saillans.

Les remparts furent donc détruits tout de suite après la promulgation de l’ordonnance en juillet 1580.

Prise de Saillans par les catholiques (1586)

On sait que Henri III et Henri de Navarre s’unirent contre les ligueurs. Les anciens adversaires devinrent par voie de conséquence les fidèles défenseurs de la royauté.

Lesdiguières et d’Ormano font alors front commun contre la Ligue pour maintenir le Dauphiné sous l’autorité de Henri IV. Grenoble, Valence, Embrun, Briançon, Montélimar, Die, étaient alors des bastions de la Ligue, depuis le séjour en Dauphiné du Duc de Mayenne frère cadet du Duc de Guise.

Inquiets de cette coexistence jugée dangereuse, les protestants reprirent les armes à Pâques 1585.

Henri IV envoya en Dauphiné une armée commandée par le Duc de la Valette.

Le 26 janvier 1586, l’armée royale emporte Mirabel, Les Vachères, Eurre, Allex. Puis, se dirige sur Saillans dont la population est en majorité protestante. Une véritable armée munie d’une lourde artillerie investit la ville le 20 février 1586. Les Saillansons mal armés, inférieur en nombre, mais braves jusqu’à la témérité, se portent au devant de l’armée royale.

Le choc eu lieu à Montmartel (Mont de Mars), il fut terrible. Les survivants s’enfuirent dans la montagne où se réfugièrent chez Pierre Sauveur du Cheylard, un de leurs frères d’armes. L’armée royale occupa Saillans et de là se dirigea sur Saou où elle prit le château défendu par un groupe de huguenots commandé par Raymond de Lasty. Elle prit ensuite ses quartiers à Loriol et à Livron et après une période de repos, continua à sévir dans le pays. Ce fut encore une période de « guérillas » dont la population eut beaucoup à souffrir. Finalement, Lesdiguières soumit le Dauphiné à l’obéissance de Henri IV.

Après l’Edit de Nantes, signé le 13 avril 1598, Saillans entra dans une période de calme pendant laquelle on pu se remettre au travail. C’est à cette date qu’on édifia sur les ruines de l’église paroissiale Sainte-Marie, un nouvel édifice, Notre Dame du Bon Secours *. A cette époque également, fut construit le temple protestant détruit après la révocation de l’Edit de Nantes par Louis XIV.

(*) L’église de Notre Dame du Bon Secours était située non loin de l’église Saint-Géraud, elle fut vendue en 1792 comme bien national (A Vincent).

fontaine de Saillans

La construction des Fontaines 1719 – 1725

Pendant plusieurs siècles, le ravitaillement en eau ne fut assuré que par des puits (Saillans en possédait cinq ou six), et par la fontaine du portail des Moulins Quand les conditions atmosphériques le permettaient, on pouvait utiliser les eaux de la Drôme ou celles du ruisseau de l’Escharenne, mais en hiver, il était souvent difficile de se procurer la quantité indispensable du précieux liquide.

En l’an 1719, une députation de nobles se rendit à la « Maison de Ville » pour demander au Chatelain et aux Conseillers la construction d’une fontaine publique. Celle de la Drôme ne suffisant plus à satisfaire les besoins de la population. Le châtelain Mathieu Peloux et les conseillers, se déclarèrent favorables au projet.

Michel Barnave dit La Comté Riche, aïeul de l’illustre député de la Constituante, possédait une très belle prairie irriguée par une source abondante, mais le prix qu’il en demandait, 1500 livres, fit que la commune orienta ses recherches vers Saint-Julien et les Aubrets (Auberts) où il semblait exister plusieurs points d’eau. On fit venir un sourcier, un certain Gamaure, originaire de Montjoux. Des puits furent creusés, reliés entre eux par des canaux, et l’eau fut amenée dans un bassin. Les propriétaires Antoine Souvion et Louis Faure, firent don à Saillans des sources qu’ils possédaient à Saint-Julien, territoire de Chastel Arnaud. Des tuyaux en terre devaient conduire les eaux le long du pont de la Drôme jusqu’au fossé, où se situait la maison de ville. Mais comme les habitants du quartier de l’église voulaient aussi leur fontaine, on refit des propositions d’achat à Barnave par l’intermédiaire de l’intendant. Barnave qui était le fermier du marquis de Soyans seigneur de Vercheny et de Chastel Arnaud, conseilla à son maître d’exiger une indemnité pour la construction des canaux qui devaient passer sur le territoire dont il était le suzerain.

Les Saillansons, sur les conseils de Mathieu Peloux, demandèrent alors au roi de fixer lui-même la somme à payer à Barnave. Le 6 novembre 1723, un arrêt du Conseil d’ Etat ordonna que les fontaines des sieurs Souvion, Faure, Boudrat et Barnave situées dans la commune de Chastel Arnaud, seraient conduites à Saillans aux frais de ses habitants. Le roi fixa la somme à payer à 180 livres. On du faire également, aux seigneurs de Montauban, Soyans, Chastel-Arnaud « et autres places », une rente annuelle de deux quartes de blé-froment. Le premier paiement de la rente fut fixé au jour de la fête de Saint-Martin. De plus, le roi menaçait de faire payer 300 livres d’amende à quiconque « troublerait les habitants de Saillans dans la propriété des dites eaux ». Cette faveur royale était due à l’influence du premier secrétaire du marquis d’Armenonville, Garde des Sceaux, et frère de Mathieu Peloux. On se mis donc au travail. Ceux qui ne pouvaient donner de l’argent participèrent aux travaux exécutés sous la direction de deux maîtres maçons : Artaud et Gautier, de Cobonne. Le 24 avril 1725, le bassin en pierre de taille et le triomphe de la fontaine de la place du fossé étaient achevés. La fontaine de l’église ne fut terminée que quelques mois plus tard. Pour le récompenser des services rendus, on autorisa Mathieu Peloux à prélever deux pouces d’eau du canal de la commune au delà du pont de la Drôme et à la conduire dans sa propriété du quartier de la Brêche en traversant la place de la Daraize.

La guerre des Fontaines

Les fontaines étaient à peine en service depuis quelques jours que le marquis de Soyans se plaignit d’avoir été trompé.

Selon lui, la commune ne s’était pas bornée à utiliser l’eau nécessaire à l’alimentation des deux fontaines, elle s’était appropriée les sources de Saint-Julien et de la Comte-Riche pour alimenter le grand canal qui venait se jeter dans le bassin où l’on rouïssait (20) le chanvre, et pour faire marcher les moulins à blé et les battoirs de draperie des fabriques de blanchisserie. Pire, l’eau seigneuriale arrosait, toujours d’après les dire de Monsieur de Soyans, le jardin d’un particulier. Notre hobereau envoya au châtelain une lettre l’informant de son intention de déposer une requête en opposition à l’Edit du Roi. Il menaçait également de détruite toutes les installations.

Outre l’hilarité générale, la lettre du marquis provoqua une réunion du Conseil. On lui donna une réponse à peu près en ces termes :

« Monseigneur,

Vous avez été induit en erreur, la Drôme est assez puissante pour faire tourner nos moulins et faire marcher nos fabriques. Nous traversons en effet, votre seigneurie de Chastel-Arnaud ; mais vous n’ignorez point que nous devons vous payer une rente en nature pour ces objets. Aux Sammarins, notre canal quitte vos domaines et entre sur les propriétés de notre prieur à qui nous donnons pour ce droit féodal de passage, deux sivayers de gros blé et une galine. Au lieu d’écouter de faux rapports, daignez plutôt considérer Monseigneur, les immenses services que nous rendent nos fontaines. Certes, si nous avons fait de grands sacrifices pour les avoir, nous sommes bien dédommagés. Elles nous coutent quinze mille livres et nous avons dû faire construire des belières et des canaux sur une longueur de mille toises (21), et des bassins de pierres de taille sur nos deux places. Mais elles nous sont si nécessaires que nous aimerions mieux être privés de nos foires et de nos marchés que de les abandonner. Elles font l’admiration de tous les étrangers, et à l’occasion d’un incendie qui éclata dernièrement chez Bertrand Lager, elles nous permirent de nous rendre maître du feu et d’éviter une conflagration générale (22).

On le voit, les Saillansons se défendaient fort bien. Le marquis pourtant, ne se laissa pas convaincre et la procédure suivit son cours.

Le 25 septembre 1729, sa Majesté rendit son jugement : la commune restait propriétaire de ses fontaines, de ses canaux et de ses réservoirs. Elle devait cependant donner 300 livres à Barnave et payer une rente foncière annuelle « non achetable » de 43 livres, aux seigneurs de Montauban, Soyans, et Chastel-Arnaud.

Saillans

La Sériciculture

Le 15 février 1580, Charles de Gelas de Léberon successeur de son oncle Jean de Montluc monte sur le siège épiscopal de Die et vend la terre de Saillans qui fait partie de son domaine temporel au sieur Achille Lambert ancien receveur des impôts du Roi pour 298 écus d’or. Achille Lambert fit bénéficier Saillans de l’Edit de Henri IV sur les soieries ; il la fit également exempter de tailles, impositions, ports péages, et autres subventions. C’est une des étapes d’une industrie qui jusqu’en 1968, fut un des éléments essentiels de l’économie locale.

Vers 1650, les mûriers sont plantés sur toutes les terres ; il y en a même dans le cimetière de la Daraize ! En 1818, on en dénombre 20.000. Le travail de la soie occupe une main d’œuvre nombreuse essentiellement locale, du stade initial au stade industriel. Car l’élevage des vers à soie exige beaucoup de travail, la préparation des cocons encore davantage. C’est en effet de la qualité du cocon que dépend celle de la soie.

En 1735, Saillans produit 1000 quintaux (de 50 kg) de cocons. En 1785, la production a presque doublée. Les cocons se paient chers, une livre vaut le même prix qu’une journée de travailleur agricole (25 à 35 sols). Cette « matière première » est transformée sur place ; des fabriques s’implantent. Cette même année 1785, la ville vend la grande pièce au dessus des moulins à un certain Pierre Blanc pour y installer une fabrique de soie. A la fin du XVIIIème siècle, cinq tirages fonctionnent à Saillans et presque autant de moulinages.

L’industrie textile à Saillans

L ‘Industrie textile après la mort de Louis XIV

La fabrication des ratines et des étoffes légères. Antoine Barnave et David Roche

Antoine Barnave s’installa dans une vaste maison dont il était propriétaire, place de l’Eglise, David Roche, dans celle d’un dénommé Torel, ancien agent voyer (23). Les textiles de Saillans acquirent bientôt une grande renommée grâce à la qualité de la production ; souple et solide, ils supplantèrent rapidement ceux produits dans les autres villes de la région et notamment, à Crest. L’initiative de Rocher et Barnave fit des émules, des fabriques, comme on les appelait alors, s’ouvrirent en grand nombre : une trentaine au moins ; nous ne citerons que quelques noms : Davis Josseau, Jean Ruel, David André, Antoine Beylieu, Claude Poulet, Jean Reynaud, Antoine Gros, Pierre Sibourg etc… Nous n’oublierons pas Pascal Eymieu dont le nom est resté attaché à l’invention d’un procédé de tissage.

La renommée de l’Industrie Textile Saillansonne, attira la visite, le 20 août 1726, d’un inspecteur de commerce envoyé par l’intendant du Roi que son subdélégué de Crest avait renseigné. Des Gardes-Jurés, chargés de surveiller la fabrication furent nommés avec le concours des marchands. La qualité et la largeur des tissus furent strictement définis. Les tissus de Saillans obtinrent une sorte de label de qualité : un coin aux armes du Roi. L’opération de marquage devait se faire dans une des fabriques (Maison de Marque), celle de David Roche fut choisie. Ce label de qualité donnait lieu à un impôt annuel de 80 livres versé entre les mains de l’intendant.

La laine produite est extrêmement souple et brillante, cette qualité exceptionnelle est due à un procédé employé par les foulonniers de Saillans qui n’utilisaient pas les cadres de fer ; le cardage se faisait avec des chardons.

A la fin du XVIIIème siècle, cinq tirages royaux fonctionnent à Saillans, et à peu près autant de moulinages ; les moulins servant à l’ouvraison tournent à plein rendement.

C’est vers 1825, qu’un industriel saillanson, Monsieur Pascal Eymieu, invente un nouveau procédé pour l’utilisation des déchets de la soie : les déchets travaillés et filés, donnent « les fantaisies ». Pascal Eymieu inventa également divers procédés destinés à améliorer le rendement. Il est considéré à juste titre, comme un promoteur de l’industrie textile à cette époque. Les usines Eymieu sont implantées au quartier de la Piquepierre. En 1834, elles emploient 150 ouvriers, en 1849, 250 ouvriers qui produisent des foulards, des bas, des rubans. Les bas se font souvent à domicile.

En ce qui concerne le procédé de Pascal Eymieu, il faut remarquer son rôle de précurseur. En effet, il devance de quatre années la technique de Schappe (On a connu sur la fin du XVIIIème siècle, un procédé de filature de cocons infilables et de déchets de soie, mais la plus ancienne société employant ce procédé, la SAF, fut fondée en 1829).

L’industrie du coton s’implanta plus tardivement. Toutefois, vers 1870, on trouve à Saillans trois filatures de coton employant 121 ouvrières. Une « maîtresse fileuse » dirige 21 mécaniciennes. Une cinquantaine d’ouvrières filent à domicile. Le fil est ensuite dirigé sur la manufacture royale de Valence où il est filé.

En 1850, 1853, la décadence de la sériciculture française due à la négligence de l’éducation rationnelle des vers à soie, aux mauvaises conditions d’hygiène des locaux, fut la cause d’une épidémie meurtrière – flacherie, muscardine, pébrine – et eût un impact direct sur le développement des filatures qui commencèrent à péricliter.

On procéda à ce qu’on appellerait aujourd’hui un redéploiement. Le moulinage des Sammarins disparaît. En 1890, tout se concentre sur les emplacement qui existaient encore en 1968. A cette époque, le canal aménagé pour un débit dérivé de 2 500 litres, permettant une chute de 5 m et assurant une puissance brute de 120 kwh, demeurait comme le symbole d’une industrie qui n’allait pas tarder à s’éteindre.

Le métier « à la tire » fut utilisé pour la production des étoffes façonnées. Jusqu’au début du XIXe s. à partir duquel on utilisa le système de Jacquard.

La NAEF à Saillans

Marius Bouvier, marchand de soie établi à Die, rachète le bâtiment de l’Echarenne en 1874, puis ceux de Piquepierre en 1877, avant de les louer d’abord en 1892 puis de les vendre aux établissements Naef de Zurich en 1893 qui occupe alors 100 personnes. En 1906, l’effectif est supérieur à 400. En 1952, l’utilisation des métiers modernes exigeant moins de main d’œuvre, fit descendre la courbe à 160 ouvriers, en 1964.

Côté production et moyens de production, les chiffres parlent :

      • 1897 : 190 métiers, 20.000 mètres de tissus.

      • 1952: 192 métiers, 100.000 mètres de tissus.

      • 1964 : 142 métiers, 150.000 mètres de tissus.

Jusqu’à la fin du XIVème siècle, la main d’œuvre est essentiellement régionale. On allait chercher dans les villages voisins les jeunes ouvrières, on les ramenait dans leurs foyers le samedi soir. La plupart des familles saillansonne vivaient de l’usine directement ou indirectement.

Jusqu’en 1966, « la fabrique de soie » comme continuent à l’appeler certains vieux saillansons, ne connaît pas encore de problèmes majeurs. Le nombre des métiers a été augmenté de 30, portant leur nombre à 178. L’outillage est excellent, les navettes portent jusqu’à sept couleurs. Cependant peu à peu, sous l’influence des facteurs extérieurs défavorables, la situation se détériore à Saillans. Malgré un essai de reconversion vers la nouveauté, on ne peut éviter le pire. Le pire, c’est la fermeture, qui survient le 20 février 1968 et qui saigne littéralement la cité : 114 ouvriers perdent leur emploi et se voient contraints de quitter Saillans, amenant avec eux leurs familles, 200 personnes au total, 25 % sont propriétaires d’une maison, souvent acquise grâce à un prêt, 30 possèdent un coin de terre. C’est la fin d’une industrie qui fit la renommée et la prospérité de Saillans.

Une salle de l’usine NAEF

Notes :

1 – Pomptinus ou Pomptinius, selon les auteurs.

2 – Bituitus : fils de Luerius, ou mieux Louernios. Ce prince extrêmement riche, jetait en parcourant le pays sur son char, des pièces d’or et d’argent aux populations. Appien en a fait par erreur, le roi des Allobroges.

3 – Lieu destiné à la combustion et à la sépulture.

4 – 68 de J. C. Fabius Valens général de Vitellius au cours de la guerre contre Othon, traverse le Vocontium à la tête de ses troupes, en suivant la voie romaine de Valence à Gap. Les violences auxquelles se livra son armée, notamment à DEA sont rapportées par Tacite – Hist I. I., c. LXVI.

5 – Aétius défendit la Gaule contre les Francs et les Burgondes. Il contribua à la défaite d’Attila aux Champs Catalauniques et fut assassiné par Valentinien III en 454.

6 – Nous empruntons à la biographie de Saint-Géraud par Odon rapportée par le Chanoine Joubert.

7 – Archives départementales.

8 – Archives départementales de la Drôme

9 – Théodose a remplacé les cités par les pagi majore et le pagi minore. Les premiers correspondaient assez exacte-ment aux provinces ecclésiastiques, les pagi minore, aux diocèses. Les pagi minore étaient dirigés par des ducs, tandis que les pagi majore étaient placés sous l’autorité, décorés du titre de Comte. (Cf Mailhet).

10 –  Il s’agissait d’un château-fort situé dans la vallée qui conduit à Bouvières, dans le village de Crupies.

11 – Guigues de Bérenger seigneur de Royans.

12 – Nous voyons dans un parchemin de 1368, que les Saillansons obligeaient les servants du cloître, à monter la garde, à leur tour, sur les remparts et aux trois portes de la cité, ce dont se plaignait vivement le prieur.

13 – Four banal : four communal

14 – Sorte de petit pain salé en forme de couronne.

15 – Extraits de « Histoire de Montélimar » par le Baron de Coston, tome 4, (département des ouvrages anciens, bibliothèque de Montélimar).

16 – Archives départementales.

17 – JCL MARTIN, Histoire de Charles Dupuy de Montbrun.

18 – extrait des mémoires de Brentôme, page 152, tome XI, cité par JCL Martin dans l’histoire de Puy de Mont-Brun.

19 – Livron.

20 – Rouir : isoler les fibres du chanvre par trempage.

21 – la toise valait 1,949 m.

22 – Extrait du livre d’André Mailhet.

23 – Agent voyer, fonctionnaire chargé de l’entretien des chemins.